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187 pays étudiés

Les mauvaises habitudes alimentaires surpassent les bonnes dans le monde

Par la rédaction

La hausse en 20 ans des mauvaises habitudes alimentaires surpasse celle des bonnes dans la plupart des régions du monde, selon une étude dans 187 pays  

LASKI/EAST NEWS/SIPA

Pas moins de 187 pays passés sur le gril des habitudes alimentaires. C’est une étude importante que livre ce jeudi Le Lancet, parmi toute une série de publications consacrées à l’obésité. Et sur une longue durée, puisqu’elle s’étend sur 20 ans entre 1990 et 2010. Autant de données qui permettent de conclure que la hausse des mauvaises habitudes alimentaires surpasse celle des bonnes dans la plupart des régions du monde.

 

325 enquêtes

Pour Fumiaki Imamura, de l’université de Cambridge, et ses collègues, il s’agit d’une « première ». « Les différences d’habitudes alimentaires à travers le monde et la manière dont elles évoluent dans le temps ne sont pas bien établies », estiment les chercheurs. Jusqu’à ce qu’ils décident de compiler les données de 325 enquêtes couvrant 88,7 % de la population adulte globale, soit presque 4,5 milliards d'adultes.


Et les chercheurs ont examiné trois types de régime alimentaire. Le bon régime alimentaire qui intègre 10 produits sains : fruits, légumes, féculents, graines et noix, céréales complètes, lait, acides gras polyinsaturés, poisson, oméga-3 et fibres. Dans le mauvais régime, il y avait sept produits : viande transformée ou pas, boissons avec sucre ajouté, graisses saturées et trans, cholestérol et sodium (le sodium étant un composé du sel). Enfin le troisième régime reprenait l’ensemble de ces 17 produits alimentaires.


Age, sexe, type de pays

Certains résultats de cette étude sont attendus : il existe des différences en fonction de l’âge, du sexe et du type de pays. Ainsi, les femmes ont des profils alimentaires plus favorables à la santé que les hommes. C’est aussi le cas des personnes âgées par rapport aux plus jeunes. Idem pour les pays à plus haut niveau de vie par rapport aux autres.


Mais les résultats les plus intéressants concernent l’évolution dans le temps. Ainsi, on observe globalement une amélioration de la consommation de certains aliments sains. Mais l’augmentation de la consommation de mauvais aliments est encore plus importante.


Préoccupant

Pour le Pr Jean-Michel Oppert, responsable du centre de recherche et de médecine de l’obésité à l’hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris, « ce qui est préoccupant dans cette étude, ce sont les résultats obtenus pour les pays à PIB moyen qui sont en transition épidémiologique et nutritionnelle et où les pathologies liées à la nutrition et à l’obésité sont en train de devenir un énorme problème ».
Dans ces pays, il existe une augmentation assez importante de la consommation d’aliments défavorables à la santé. Car il y a « une urbanisation et une évolution des modes de production, de distribution et de politiques de santé », commente le Pr Oppert.


Dans un commentaire accompagnant l’étude, Carlo La Vecchia, de l’université de Milan, s’étonne que la France tout comme l’Italie présentent des scores plutôt bas, alors que dans ces pays « les régimes alimentaires sont en général considérés comme étant de bonne qualité et les durées de vie des populations sont parmi les plus élevées au monde ». Pour le Pr Oppert, mieux vaut ne pas faire des comparaisons pays par pays à partir de cette étude mais plutôt par groupes de pays ou par régions.