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Etude du Service américain des forêts

Les forêts aident à réduire les problèmes respiratoires

Par Audrey Vaugrente

Les forêts, en ville comme à la campagne, sont bénéfiques et sauvent des vies chaque année. C’est cependant en zone urbaine que les habitants en profitent le plus selon une étude.

REX/REX/SIPA

Le « poumon de la planète » préserve aussi les nôtres. Selon une étude du Service des forêts des Etats-Unis, publiée dans Environmental Pollution (lien PDF), forêts et espaces verts ont un impact positif sur la pollution aérienne et encore plus sur notre santé. C’est en ville que les gens en tirent le plus profit.

 

850 vies sauvées par an

Dans cette étude, une équipe du Service des forêts des Etats-Unis a tenté de déterminer l’impact des forêts nationales sur la pollution aérienne et la santé des Américains. Car si on surnomme l’Amazonie le « poumon » de la Terre, les forêts de taille plus modeste profitent aussi aux populations. Sur le territoire américain, elles ne réduisent que de 1 % la pollution de l’air. Mais cette réduction permet de sauver 850 vies humaines par an, et d’éviter 670 000 symptômes respiratoires aigus. Au final, cela permettrait d’économiser 7 milliards de dollars en dépenses de santé.

 

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont examiné la concentration de 4 polluants dans l’air (dioxyde de nitrogène, ozone, dioxyde de soufre, particules fines), la concentration de forêts et d’arbres, et la santé des habitants. Si, en moyenne, les Etats-Unis comptent 34 % de forêts, la proportion peut varier de 2,6 % au Dakota du Nord à 88,9 % dans le New Hampshire.

 

 

Les plus grands bienfaits à Manhattan

Cependant, ce n’est pas tant la densité des forêts sur un territoire qui compte, mais plutôt qui l’habite. Ainsi, c’est en zone rurale que la pollution aérienne est la plus réduite, mais c’est dans les espaces urbains que les habitudes en profitent le plus. « Plus de 80 % des Américains vivent en ville, et cette étude souligne à quel point les forêts urbaines sont essentielles pour tous », insiste Michael T. Rains, directeur de la section Nord des recherches au Service des forêts.

« En termes d’impact sur la santé humaine, les arbres des zones urbaines sont bien plus importants que les arbres en zone rurale en raison de leur proximité par rapport aux gens. Nous avons découvert qu’en général, plus la couverture arborescente est forte, plus la pollution est réduite, et plus la population est dense, plus c’est bienfaiteur pour la santé », résume David Nowak, auteur de l’étude. Par exemple, la Californie fait partie des zones les plus polluées, mais c’est aussi une de celles qui bénéficie le plus des espaces verts. Et en termes d’économies de santé, c’est Manhattan - où l’on trouve le fameux Central Park - qui détient le record.

 

Cependant, les arbres peuvent aussi dégrader la qualité de l’air, reconnaissent les auteurs de cette étude : ils réduisent la température ambiante, ce qui peut booster la consommation d’énergie. Mais surtout, ils réduisent la vitesse du vent, favorisant la concentration des polluants, et émettent des composés organiques volatils (COV), précurseurs de la formation d’ozone et de particules fines. Il revient donc aux urbanistes de répartir harmonieusement bâtiments et espaces verts.