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Cerveau

Courir un marathon : mais que se passe-t-il dans votre tête ?

Courir un marathon ne mobilise pas seulement le cœur et les muscles : le cerveau est aussi mis à contribution, en libérant des hormones spécifiques mais aussi en puisant dans ses réserves de graisses pendant l’effort.

Courir un marathon : mais que se passe-t-il dans votre tête ? ZamoraA / istock




L'ESSENTIEL
  • Le marathon sollicite fortement le cerveau, qui peut puiser dans ses propres réserves.
  • La myéline diminue temporairement pendant l’effort mais se reconstitue ensuite.
  • Un bon entraînement et une récupération adaptée sont essentiels.

Cardio, jambes et "mental" : chaque année, près de 200.000 Françaises et Français vont jusqu’à franchir la ligne d’arrivée d’un marathon. Ce dimanche 12 avril, ils seront près de 60.000 à relever le défi de celui de Paris. Derrière cet exploit, pour le moins physique, se cache une réalité qu’on a tendance à oublier : courir 42,195 kilomètres n’éprouve pas seulement les muscles, cela sollicite aussi le cerveau, et pas qu’un peu. On fait le tour de ce qu’il se passe dans notre tête lorsque nous foulons le bitume jusqu'à en perdre un ongle d’orteil.

Quand le cerveau consomme ses propres ressources

Lors d’un marathon, le cerveau ne se contente pas de coordonner nos mouvements : il participe activement à l’effort en sécrétant les bonnes molécules. Comme le rappelle la psychiatre Claire Lewandowski à Pourquoi Docteur, "en libérant les ‘hormones du bonheur’ que sont la sérotonine, la dopamine, les endorphines et l'ocytocine, [la course à pied] joue un rôle crucial dans la régulation de notre humeur, diminuant les symptômes d'anxiété et de dépression". Ces hormones favorisent même "un sommeil plus réparateur", ce qui à son tour permet "une meilleure consolidation de la mémoire et une meilleure attention la journée". Des chercheurs ont également montré que la course à pied stimule l’hippocampe, impliqué dans la mémoire et l’apprentissage. Résultat : les coureurs réguliers présentent moins de symptômes dépressifs et de meilleures capacités cognitives, avec un pic de bien-être le lendemain.

Au-delà de la sensation de bien-être qu’il nous procure, le cerveau joue un autre rôle pendant une longue course. Une étude publiée en 2025 dans Nature Metabolism révèle qu’il peut puiser dans ses propres réserves pour soutenir l’effort. Grâce à des IRM réalisées chez des marathoniens âgés de 45 à 73 ans, les scientifiques ont découvert que leur matière blanche avait fondu en quelques heures, le temps de la course. En cause : une diminution de la myéline, une membrane composée à 80 % de lipides qui protège les fibres nerveuses et facilite la transmission des signaux électriques dans le cerveau et la moelle épinière.

Pourquoi cette baisse ? Lors d’un effort d’endurance, le corps épuise d’abord ses réserves de glycogène (le glucose), puis ses graisses. Or, la myéline étant riche en lipides, elle devient une source d’énergie. En clair, de la même manière que nos muscles puisent dans nos réserves notamment de glucose ou de lipides pendant la course de 42 km, le cerveau aussi consomme ses propres ressources. Sur les IRM des marathoniens, l’étude a ainsi constaté une réduction de la myéline dans plusieurs zones cérébrales liées aux émotions et aux fonctions sensorielles.

Course à pied et neuroplasticité

Mais bonne nouvelle, cette diminution ne présente pas de risques pour la santé, et elle n’est pas permanente : les niveaux de myéline reviennent à la normale dans les semaines suivant l’effort. "L'un des impacts les plus fascinants de la course à pied sur le cerveau est sa capacité à le rendre plus 'plastique'", souligne la Dre Claire Lewandowski. C’est ce qu'on appelle "la neuroplasticité, c'est-à-dire la capacité du cerveau à se modifier et à s'adapter, est cruciale pour l'apprentissage et la mémoire. En stimulant la création de nouveaux neurones et en renforçant les connexions entre eux, la course à pied [...] protège le cerveau contre le vieillissement prématuré".

C’est indéniable, courir est donc pour le cerveau. Mais la prudence est de mise pour les plus accros d’entre nous, car un excès d’entraînement peut aussi avoir des effets négatifs. Selon la professeure Luana Main, de l’université Deakin en Australie, citée par Ça m’intéresse, un cerveau trop sollicité par l’effort physique peut provoquer "des sautes d’humeur" ou "une baisse du temps de réaction". Preuve que, comme les muscles, le cerveau aussi a besoin de récupération.

Et de préparation : à quelques heures du départ du marathon de Paris, il est bon de rappeler quelques règles de base. Pas d’efforts inutiles avant dimanche, bien manger (féculents et protéines !) et bien dormir la veille, petit déj de champion le matin, hydratation, une pâte de fruits ou une barre protéinée dans la poche, s’échauffer avant le coup d’envoi et, bien sûr, attention aux signes de douleurs thoraciques et articulaires durant la course.

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