- Plus de 2 millions de personnes âgées font état d’une perte d’autonomie ou d’une limitation d’activités liée à leurs troubles visuels (baisse de la sensibilité au contraste, gêne par l’excès de lumière, lors de la conduite le jour et la nuit) malgré le port de leurs lunettes ou lentilles.
- Alors que des solutions contre la déficience visuelle existent, les seniors n’y ont pas recours, car la plupart ne bénéficie d’aucune aide complémentaire.
- Face à ces chiffres, il est essentiel de renforcer le dépistage, d’améliorer le suivi régulier et de lutter contre le fatalisme visuel afin de préserver l’autonomie des personnes âgées.
Vision négligée, indépendance fragilisée. C’est ce que révèle une enquête menée par OpinionWay pour l’Association nationale pour l’amélioration de la vue. Au vu du vieillissement de la population qui s’accélère et qui s’accompagne de troubles visuels, 424 adultes âgés de 65 ans et plus, issu d’un échantillon de 1.090 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, ont été interrogés sur leur autonomie à l’aide d’un questionnaire.
Perte d’autonomie liée aux troubles visuels : 2 millions de seniors concernés
Les résultats montrent que la déficience visuelle, omniprésente chez les personnes âgées y compris chez ceux qui portent une correction optique, est un enjeu majeur de santé publique "sous-estimé." En effet, 14 % des participants de 65 ans et plus, soit plus de 2 millions de personnes, déclarent une perte d’autonomie ou une limitation d’activités (descendre un escalier, conduire de nuit, gêne devant la télévision ou un écran) liée à leur vision. Le sondage souligne que 36 % ressentent des difficultés, notamment liées à la baisse de la sensibilité au contraste et 77 % sont gênés par l’excès de lumière. Pour conduire, 68 % sont gênés la nuit et 28 % le sont durant la journée. "À ces troubles s’ajoutent des pathologies comme la cataracte, la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) ou le glaucome, qui peuvent être traitées ou stabilisées lorsqu’elles sont détectées précocement."
Un manque de prise en charge qui bouleverse la vie des personnes âgées
Afin de prévenir les conséquences fonctionnelles, sociales et cognitives des troubles visuels, il est donc essentiel de se faire suivre par un professionnel de santé. Cependant, seuls 33 % consultent avant l’apparition des symptômes, 24 % estiment ne pas ressentir le besoin de consulter plus souvent et 45 % consultent spontanément pour une visite de routine. Lors des rendez-vous, les seniors peuvent se voir proposer plusieurs solutions, comme des interventions médicales, des aides optiques, un accompagnement orthoptique ou des aménagements du domicile, en complément de la correction optique. Problème : le recours à ces solutions reste marginal, car 86 % des seniors concernés ne bénéficient d’aucune aide complémentaire.
Un fatalisme visuel
"Lorsqu’une personne âgée ne voit plus, il y a souvent un fatalisme. Elle pense que c’est la vieillesse et qu’on ne peut rien faire. Pourtant, même en l’absence de traitement curatif, des solutions existent", explique Véronique Morin, orthoptiste et opticienne, responsable scientifique et pédagogique de l’Association nationale pour l’amélioration de la vue. Elle souligne la nécessité de renforcer le dépistage, d’améliorer le suivi régulier et de lutter contre le fatalisme visuel pour préserver l’autonomie des seniors.


