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Cardiologie

Ménopause : le cœur, un nouvel indicateur du risque de fracture ?

Les femmes ménopausées présentant un risque cardiovasculaire élevé ont presque deux fois plus de risques de se fracturer la hanche.

Ménopause : le cœur, un nouvel indicateur du risque de fracture ? m-gucci/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les femmes ménopausées présentant un risque cardiovasculaire élevé ont davantage de fractures, notamment de la hanche (jusqu’à plus de 93 %).
  • Le lien est plus marqué chez les patientes de moins de 65 ans.
  • Plusieurs mécanismes (affectant à la fois le cœur et les os), comme l’inflammation chronique, un mauvais flux sanguin vers les os, des dérèglements du calcium ou des modifications hormonales, pourraient expliquer cette association.

"Les maladies cardiovasculaires et les fractures partagent des mécanismes physiopathologiques communs. Cependant, le lien entre le risque cardiovasculaire prédit et l'incidence des fractures reste à explorer", selon des chercheurs de l’université de Tulane (États-Unis). C’est pourquoi dans une nouvelle étude, publiée dans la revue The Lancet, il se sont penchés sur le sujet.

"1 femme sur 3 de plus de 50 ans subira une fracture due à la perte osseuse au cours de sa vie"

Pour les besoins des travaux, l’équipe a recruté 21.300 femmes participant à la Women’s Health Initiative, l’une des plus vastes études nationales sur la santé des femmes. Ces dernières étaient ménopausées et ainsi exposées à un risque élevé de fractures osseuses. "En raison de la baisse du taux d’œstrogènes, qui peut accroître le risque d’ostéoporose, même une chute sans gravité peut entraîner une blessure grave à la hanche, au dos ou au poignet. On estime qu’une femme sur trois de plus de 50 ans subira une fracture due à la perte osseuse au cours de sa vie."

Afin d’estimer le risque de maladie cardiovasculaire à 10 ans chez les patientes, elle a utilisé le score PREVENT, récemment mis au point par l'American Heart Association (AHA) en 2024. Celui-ci a permis de répartir les participantes en quatre groupes : risque faible (moins de 5 %), limite (5 à 7,4 %), intermédiaire et élevé. Selon les données, 9.224 femmes (43,3 %) ont présenté une fracture clinique, 4.997 (23,5 %) une fracture ostéoporotique majeure et 1.717 (8,1 %) une fracture de la hanche. Au total, 5.370 participantes (25,2 %) présentaient un risque cardiovasculaire faible, 4.169 (19,6 %) un risque limite, 10.661 (50,1 %) un risque intermédiaire et 1.100 (5,2 %) un risque élevé.

Plus le risque cardiovasculaire est élevé, plus le risque de fracture est important chez les patientes ménopausées

Les auteurs ont constaté que la santé cardiaque pouvait influencer le risque de fracture après la ménopause. Les femmes présentant un risque cardiovasculaire intermédiaire et élevé sont plus susceptibles de subir une fracture. Le lien le plus fort a été observé avec les fractures de la hanche. Les femmes du groupe à haut risque cardiovasculaire présentaient un risque de fracture de la hanche supérieur de 93 % à celui des femmes du groupe à faible risque. Un risque cardiovasculaire plus élevé était également associé à un risque accru de fractures des os fragilisés, notamment au niveau de la hanche, de la colonne vertébrale, de l'avant-bras ou de l'épaule. D’après les résultats, l’association entre le risque de maladie cardiovasculaire et les fractures était également plus marquée chez les femmes de moins de 65 ans que chez celles de 65 ans et plus.

Selon les scientifiques, plusieurs processus biologiques pourraient contribuer à expliquer ce lien entre la santé cardiaque et osseuse, notamment l’inflammation chronique, le stress oxydatif, les modifications de la régulation du calcium et la réduction du flux sanguin osseux due à l’athérosclérose. Les changements hormonaux survenant après la ménopause, en particulier la baisse du taux d’œstrogènes, pourraient également accroître simultanément le risque de maladies cardiaques et de perte osseuse.

"Prendre soin de son cœur et de ses os devrait aller de pair"

"Prendre soin de son cœur et de ses os devrait aller de pair. (…) Plusieurs facteurs qui protègent le cœur (une activité physique régulière, une alimentation équilibrée riche en calcium et en vitamine D, l’absence de tabagisme et la prise en charge de maladies comme le diabète et l’hypertension) contribuent également à protéger les os. Si vous présentez un risque cardiovasculaire intermédiaire ou élevé, notamment si vous êtes ménopausée, il peut être judicieux d’en parler à votre médecin afin d’envisager un dépistage de votre santé osseuse, compte tenu des nombreux traitements efficaces disponibles pour réduire le risque de fracture", a conclu Rafeka Hossain, qui a dirigé les recherches.

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