- Le changement d’heure perturbe le rythme biologique et le sommeil.
- Le passage à l’heure d’été est le plus difficile pour l’organisme.
- Les experts recommandent de privilégier l’heure d’hiver.
Dimanche 29 mars à 2 heures du matin, il sera en réalité 3 heures. Chaque printemps et chaque automne, l’horloge change… mais notre corps, lui, peine à suivre. Le changement d’heure, instauré en 1976 pour économiser de l’énergie, continue aujourd’hui de diviser. Les scientifiques pointent aujourd’hui des effets bien réels sur notre organisme, notamment sur le sommeil et la santé globale.
Une horloge biologique mise à l’épreuve
Notre corps fonctionne selon un rythme circadien, une "horloge biologique" régulée sur 24 heures, principalement par la lumière. Or, comme le rappelle l’Inserm, le changement d’heure "impacte notre horloge biologique interne et peut induire des effets néfastes sur notre santé" : troubles du sommeil, baisse de vigilance, dépression, risques cardiovasculaires... L’adaptation de l’organisme varie selon les individus : elle peut durer quelques jours (pour les chronotypes matinaux, plus efficaces le matin) ou plusieurs mois (pour les chronotypes tardifs, "du soir"). Les enfants, les personnes âgées, mais aussi les adolescents et les travailleurs de nuit sont particulièrement vulnérables.
Avancer l’horloge d’une heure au printemps n’est pas anodin. "Le passage à l’heure d’été est souvent plus difficile à vivre", confirme le médecin du sommeil Bertrand De La Giclais, interrogé par ICI (ex-France Bleu). Et pour cause, une heure de sommeil en moins et une horloge interne brusquement avancée. Conséquence : irritabilité, baisse d’énergie et troubles de l’attention peuvent apparaître dans les jours suivant la transition. Sans compter que, selon l’Inserm, "les effets du passage à l’heure d’été sur notre rythme circadien seraient accentués par le manque général de sommeil de la population française, estimé entre 30 et 90 minutes par jour selon les études".
Vers la fin du changement d’heure ?
Face à ce constat, la communauté scientifique recommande majoritairement de conserver toute l’année l’heure d’hiver, jugée plus respectueuse de notre physiologie. En effet, l’exposition à la lumière du matin est essentielle pour synchroniser notre organisme (sécrétion de mélatonine, réflexe pupillaire, température...). A l’inverse, un lever du soleil trop tardif, comme ce serait le cas avec l’heure d’été permanente, pourrait aggraver les troubles du sommeil, selon l’Inserm.
Si la Commission européenne a remis la suppression du changement d’heure, votée en 2019, dans son programme de travail de 2026, selon le site Vie publique, les Etats membres de l’UE peinent à s’adapter et à choisir quelle heure définitive adopter. La plupart des Français préfèrent conserver l'heure d'été.
En attendant, des solutions existent pour mieux vivre cette période. Au micro d'ICI, l’expert Bertrand De La Giclais conseille par exemple d’anticiper le changement en ajustant progressivement ses horaires, de maintenir une routine de sommeil régulière et de s’exposer à la lumière naturelle le matin.



