- La tension artérielle est quasiment toujours mesurée par le médecin traitant, quelle que soit la raison de votre visite.
- L’objectif de cette mesure est de dépister, le plus tôt possible, une hypertension artérielle potentielle.
- Mais selon deux nouvelles études, les mesures recueillies pourraient aussi permettre d’identifier les personnes les plus à risque de démence.
En général, dès que vous consultez votre médecin traitant, il en profite pour mesurer votre tension artérielle. L’objectif est de dépister, le plus tôt possible, une hypertension potentielle. Mais, selon deux nouvelles études menées par la même équipe de recherche, ces données pourraient aussi permettre d’identifier les personnes les plus à risque de démence.
Deux indicateurs pour dépister la démence plus précocement
“La prise en charge de la pression artérielle ne se limite pas à la prévention des infarctus et des AVC [accident vasculaire cérébral] ; elle constitue également l'une des stratégies les plus efficaces pour préserver la santé cognitive, indique le Dr Newton Nyirenda, principal auteur, dans un communiqué. Il est impératif d'intégrer la prise en charge de l'hypertension beaucoup plus tôt qu'actuellement afin d'intervenir chez les jeunes adultes avant que les lésions ne s'accumulent.”
Les travaux des chercheurs ont été présentés lors du congrès annuel de l'American College of Cardiology (ACC.26), qui a eu lieu du 28 au 30 mars à la Nouvelle Orléans, aux États-Unis. Leur but était d’identifier de nouveaux indicateurs de démence pour dépister cette maladie plus précocement. Pour cela, les scientifiques ont analysé les données de plus de 8.500 adultes âgés de 50 ans et plus. Tous étaient atteints d’hypertension et suivis dans le cadre d’un essai clinique. Durant cette période, 323 d’entre eux ont développé une démence probable.
Mais pour mesurer le risque de démence, les scientifiques ne se sont pas limités à la seule tension artérielle. Ils se sont penché sur deux indicateurs, dont chacun a fait l’objet d’une étude :
- le premier, appelé indice indice de pression pulsée-fréquence cardiaque, est calculé à partir de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle ;
- le deuxième concerne la vitesse de propagation de l’onde de pouls, un marqueur du vieillissement vasculaire.
D’après les chercheurs, ces deux indicateurs donnent aussi des informations sur la santé des vaisseaux sanguins. Si cette dernière est mauvaise, elle pourrait être un signe de démence à venir. “Nos résultats suggèrent que les profils de vieillissement vasculaire pourraient fournir des informations précieuses sur le risque futur de démence, a déclaré le Newton Dr Nyirenda. Cela renforce l'idée que la prise en charge précoce de la santé vasculaire peut influencer la santé cérébrale à long terme.”
Penser à la santé mentale lors des contrôles chez le médecin
D’après les résultats des chercheurs, les deux indicateurs étaient bien associés au risque de démence. Pour le premier, ils ont calculé que les participants présentant un indice pression pulsée-fréquence cardiaque plus élevé avant l'âge de 65 ans avaient un risque significativement plus élevé de développer une démence probable ou un trouble cognitif léger. De plus, chaque augmentation d'une unité de cet indice était associée à une hausse de 76 % du risque. Pour le second indice, les chercheurs ont observé que les participants qui avaient une vitesse de propagation de l’onde de pouls élevée avaient aussi plus de risques de développer une démence.
Les chercheurs précisent que leurs résultats restent observationnels et n’établissent pas de lien entre ces indices et le développement de la démence. Néanmoins, comme ces mesures sont régulièrement prises lors de consultations, les auteurs appellent les médecins à mieux intégrer ces risques de santé mentale à leurs analyses.
“Les cliniciens devraient s'attacher à individualiser les évaluations des risques, puis à adapter les stratégies de traitement afin d'aider les patients à améliorer leur santé cardiovasculaire tout en prévenant le déclin neurocognitif, souligne le Dr Sula Mazimba, auteure principale de l'étude. Il ne faut pas attendre que le patient présente des signes de déclin cognitif avant d'intervenir.”



