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QUESTION D'ACTU

Impression 3D

Plaies chroniques : un pansement à base de carapaces de crevettes pour mieux cicatriser ?

Des pharmaciens ont mis au point des pansements biodégradables créés par impression 3D qui pourraient aider à faire cicatriser les plaies et les ulcères chroniques.

Plaies chroniques : un pansement à base de carapaces de crevettes pour mieux cicatriser ? Carmen Ruiz alonso/istock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs ont mis au point un pansement personnalisable créé grâce à l'impression 3D.
  • Il est composé de chitosane, un matériau naturel présent dans les crustacés, les insectes et les champignons qui est antimicrobien.
  • Des tests sont encore nécessaires avant une utilisation en clinique.

Personnes âgées, patients immobilisés ou souffrant d’insuffisance veineuse chronique, diabétiques… de nombreux malades présentent des difficultés à cicatriser, augmentant leurs risques de plaies persistantes et d'infections.

Pour les réduire, une équipe de pharmaciens de l’université du Mississippi ont imaginé un pansement biodégradable créé par impression 3D qui combat les germes. L'invention a été présentée dans la revue European Journal of Pharmaceutics and Biopharmaceutics.

Plaie chronique : moins d’antibiotique grâce à un composé naturel provenant des crustacés

Le pansement, développé grâce à l’impression 3D, est composé d'antimicrobiens d'origine végétale et de chitosane. Cette substance naturelle, présente dans les carapaces des crustacés et d’insectes ainsi que dans les parois de certains champignons, disposent de propriétés biodégradables, antifongiques et antibactériennes. "Le chitosane favorise la régénération des cellules cutanées tout en réduisant l'inflammation et en prévenant l'infection", précisent les auteurs dans leur communiqué.

Les pansements biocompatibles créés avec l’impression 3D peuvent servir "d'échafaudage" à la peau, tout en protégeant la plaie des infections. "Beaucoup de bandages sont fabriqués avec des solvants organiques, qui nuisent en fait au processus de cicatrisation des plaies, en particulier lorsqu'ils sont appliqués directement dessus", explique Michael Repka, un des responsables des travaux. "Avec les matériaux et la technique que nous utilisons, vous n'avez pas de solvants organiques, ajoute-t-il. Nous n'utilisons pas non plus d'antibiotiques traditionnels sur une longue période, car cela peut souvent entraîner une résistance des bactéries. C'est tout l'avantage d'utiliser des produits naturels."

Un pansement qui pourrait être utilisé partout

Le recours à l’impression 3D permet également de créer un bandage parfaitement adapté à la plaie, et cela, quelle que soit la partie du corps blessée. "Les matériaux que nous avons utilisés sont aussi biodégradables, précise Nouf Alshammari, auteur de l’étude. Avec le temps, l'échafaudage sera absorbé par la peau. Et comme il s'agit d'un matériau inactif, nous n'avons pas à nous soucier d'effets secondaires ou de résidus toxiques".

Si le pansement a été pensé pour les plaies chroniques comme les ulcères ou les escarres, les chercheurs assurent que leur invention peut être appliquée à d'autres types de plaies "pour lesquelles un pansement traditionnel ne serait pas adapté". Elle pourrait même être utilisée en dehors des hôpitaux, dans des lieux où l'accès aux matériaux médicaux est difficile. "Si vous disposez d'un générateur capable d'alimenter ces imprimantes 3D, vous pouvez imprimer l'échafaudage nécessaire en fonction du type de blessure", souligne Sateesh Vemula, chercheur qui a travaillé sur le pansement 3D biodégradable. L’équipe prévoit de poursuivre les tests afin de pouvoir obtenir le feu vert de la Food and Drug Administration (FDA), administration américaine chargée de la surveillance des médicaments aux USA.

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