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QUESTION D'ACTU

Maladie intestinale

Comment les MICI favorisent le cancer colorectal

Pourquoi les patients atteints de maladies inflammatoires de l'intestin sont-ils plus exposés au cancer colorectal ? Une étude américaine révèle une chaîne immunitaire inédite reliant intestin et moelle osseuse.

Comment les MICI favorisent le cancer colorectal MARHARYTA MARKO / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude révèle un mécanisme liant inflammation chronique de l'intestin et cancer colorectal.
  • Une protéine nommée TL1A active des cellules immunitaires qui déclenchent une réaction en chaîne.
  • Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Pourquoi les personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) ont-elles un risque accéléré de cancer colorectal ? Aux Etats-Unis, une équipe de chercheurs du Weill Cornell Medicine apporte une réponse inédite en explorant une chaîne complexe de réactions immunitaires entre l'intestin et la moelle osseuse. Leurs travaux, publiés dans la revue Immunity, pourraient ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement.

Les neutrophiles, facteurs invisibles du cancer

Les chercheurs se sont intéressés à TL1A, une protéine de signalisation inflammatoire déjà connue pour son implication dans les MICI et les cancers colorectaux. Bien que des traitements expérimentaux bloquant TL1A aient montré des résultats prometteurs contre les MICI, le mécanisme précis restait flou. L'étude révèle que TL1A active des cellules immunitaires spécifiques de l'intestin appelées ILC3. Celles-ci provoquent alors un afflux massif de neutrophiles – globules blancs issus de la moelle osseuse – qui, une fois reprogrammés, favorisent la formation de tumeurs.

Cette découverte est importante car elle décrit une boucle inflammatoire inédite. Une fois activées, les cellules ILC3 libèrent un facteur de croissance (GM-CSF) stimulant la production en urgence de neutrophiles dans la moelle osseuse. Ces cellules migrent ensuite vers l'intestin, où elles produisent des molécules réactives capables d’endommager l’ADN des cellules intestinales, favorisant ainsi l’apparition de tumeurs. Mieux, l’étude montre que les ILC3 modifient l’expression génétique des neutrophiles en activant des gènes liés au développement de la tumeur. Ce même schéma génétique a été retrouvé chez des patients atteints de MICI, mais atténué chez ceux ayant reçu un traitement anti-TL1A.

Vers une médecine de précision contre les MICI

Ces résultats sont cruciaux, selon le Dr Randy Longman, directeur du Jill Roberts Center for Inflammatory Bowel Disease, qui explique dans un communiqué : "Comprendre le rôle de TL1A dans les MICI et les cancers colorectaux pourrait nous donner de nouveaux outils pour atténuer ce risque". L'équipe prévoit de poursuivre ses travaux pour analyser comment une exposition précoce au GM-CSF pourrait rendre la moelle osseuse plus sensible, prédisposant ainsi au développement de MICI. Pour la Dr Sílvia Pires, qui a participé à l’étude, cette découverte pourrait "accélérer l'arrivée d'une médecine de précision dans les MICI" en ciblant les signaux inflammatoires et les cellules impliquées.

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