- Un nouveau vaccin à ARN messager personnalisé montre une réduction de 49 % du risque de récidive du mélanome.
- Il repose sur une combinaison : la technologie à ARN messager de Moderna et le médicament d’immunothérapie Keytruda de Merck.
- Le mélanome est la forme la plus grave de cancer cutané. Près de 330.000 nouveaux cas sont recensés chaque année dans le monde.
Et si le vaccin de demain contre le cancer de la peau, entre autres, était à base d'ARN messager sur mesure ? C'est le pari lancé récemment par les laboratoires Moderna et Merck, dont le vaccin expérimental contre le mélanome agressif vient de franchir une étape majeure, cinq ans après le début des essais cliniques.
Un duo vaccin-immunothérapie prometteur
Comme le rapporte Euronews, la thérapie en question repose sur une combinaison inédite : la technologie à ARN messager (ARNm) de Moderna, intismeran autogene, et le médicament d’immunothérapie Keytruda de Merck. Ensemble, les deux traitements ont permis de réduire de 49 % le risque de récidive ou de décès chez des patients atteints d’un mélanome à haut risque ayant subi une chirurgie, comparés à ceux traités par Keytruda seul.
Le vaccin, lui, apprend aux cellules immunitaires à reconnaître les marqueurs spécifiques de leur cancer. Son principe repose sur la personnalisation : chaque tumeur ayant ses propres mutations, l'ARN messager est conçu sur mesure pour chaque patient. Le traitement Keytruda, de son côté, bloque les protéines PD-1 que les tumeurs utilisent normalement pour échapper au système immunitaire. Ce tandem de choc permet aux cellules T, centrales dans la réponse immunitaire, d'attaquer les cellules cancéreuses plus efficacement. "Nous continuons d'investir dans notre plateforme en oncologie à la lumière de ces résultats prometteurs, qui illustrent le potentiel de l'ARN messager dans le traitement du cancer", a affirmé Kyle Holen, vice-président de Moderna, cité par Euronews.
330.000 nouveaux cas de mélanome chaque année
Le mélanome est la forme la plus grave de cancer cutané. Il se manifeste par une prolifération incontrôlée des cellules productrices de mélanine, responsable de la pigmentation de la peau. Même après chirurgie, ce cancer peut se propager rapidement. Près de 330.000 nouveaux cas sont recensés chaque année dans le monde, dont environ 15.500 en France. Dans l’Union européenne, au moins 15.700 patients sont touchés par une forme avancée de mélanome.
C'est pourquoi cette avancée suscite autant d'espoirs. D'autant plus que d'autres laboratoires, comme BioNTech et Roche, testent aussi des vaccins à ARN pour le mélanome, encore en phase préliminaire d'essais. Moderna et Merck, eux, attendent les résultats de la phase 3, l’ultime étape avant une potentielle autorisation de mise sur le marché.
Rappelons enfin qu’au-delà du mélanome, cette technologie à ARN messager est déjà testée sur d'autres cancers : poumon, vessie, rein... Si les résultats se confirment, ils pourraient donc ouvrir un nouveau chapitre dans la lutte contre le cancer.



