- Un problème médical a contraint le retour prématuré de l'équipage Crew-11 de l'ISS.
- L'état de l'astronaute malade est stable, mais les moyens sur place étaient insuffisants.
- La vie en orbite reste un défi pour le corps : microgravité, perturbation du rythme circadien, stress...
C’est une première dans l’histoire de la Station spatiale internationale (ISS) : le retour anticipé de l’intégralité d’un équipage pour des raisons médicales – en l’occurrence un problème de santé de l’un des quatre astronautes. En plus de 25 ans d’opérations spatiales continues vers l’ISS, jamais une mission n’avait été confrontée à cette situation. Un épisode qui rappelle que, dans l’espace, la santé reste un enjeu vital. Comment se soigne-t-on en orbite à 400 km au-dessus de la Terre ?
3.000 kits médicaux et 200 molécules à disposition
Le 15 janvier, à 9h45 (heure de Paris), la capsule Dragon de l’entreprise SpaceX amerrissait au large de la Californie avec à son bord les quatre membres de la mission Crew-11 : les Américains Mike Fincke et Zena Cardman, le Russe Oleg Platonov et le Japonais Kimiya Yui, âgés de 38 à 58 ans. Un retour anticipé, après 167 jours dans l’espace, qui serait dû à un "problème médical grave" touchant l’un d’eux, comme l’a déclaré le patron de la NASA, Jared Isaacman, lors d’une conférence de presse. Il a souligné que cela "aurait pu se produire sur Terre, en dehors de l’environnement de microgravité" dans lequel vivent les occupants de l’ISS, et que l’astronaute concerné "va bien".
Si son identité et la nature du mal sont restées confidentielles, les 3.000 kits médicaux et les quelque 200 molécules disponibles dans la pharmacie de l’ISS n’ont pas suffi à en venir à bout. D’où le rapatriement de l’astronaute et ses compagnons, pour lui prodiguer des soins adaptés. Selon le médecin-chef de la NASA, James Polk, "nous disposons d’un ensemble très performant d’équipements médicaux à bord de l’ISS, mais nous n’avons pas tout le matériel dont je disposerais aux urgences, par exemple, pour effectuer l’examen complet d’un patient".
Bien que les astronautes soient soumis à des critères de sélection physiques et psychologiques extrêmement rigoureux, la vie en orbite reste un défi pour le corps humain : accélérations intenses au décollage, microgravité, perturbation du rythme circadien, stress... L'impesanteur affecte notamment la masse musculaire et la circulation sanguine et, pour contrer ces effets, les astronautes s'imposent deux heures d'exercice physique par jour, rappelle ICI (ex-France Bleu). Ils bénéficient également de téléconsultations sécurisées avec des médecins restés sur la terre ferme.
Des protocoles de rapatriement stricts
Sur l’ISS, si un membre de l’équipage doit être rapatrié, ses coéquipiers sont tenus de l’accompagner : impossible de laisser un astronaute sans vaisseau de retour, sans "canot de sauvetage". Cette règle de sécurité stricte a donc entraîné la fin prématurée de la mission Crew-11, initialement prévue jusqu’à mi-février. Les mots du pilote Mike Fincke sur LinkedIn résument bien la situation : "C’est la bonne décision, même si elle est douce-amère".
Durant leur séjour de plusieurs mois dans l’ISS, les quatre astronautes devaient, comme leurs prédécesseurs, mener diverses missions scientifiques, allant de l’étude de la division cellulaire des plantes aux cellules souches humaines et même à la simulation de scénarios d’alunissage, dans le cadre du programme Artemis de la NASA, qui prévoit le retour des Américains sur la Lune.


