- Selon une nouvelle étude, le jeûne intermittent pourrait réduire les symptômes chez des patients atteints de formes légères à modérées de la maladie de Crohn.
- Après trois mois, près de deux tiers des participants suivant ce régime ont constaté une amélioration, avec peu d’effets indésirables.
- Avec ce régime alimentaire, les scientifiques ont aussi observé une diminution de certains marqueurs biologiques de l’inflammation, dont les taux sont souvent élevés chez les patients.
Le jeûne intermittent est-il la solution ? Pour les patients atteints de la maladie de Crohn, une étude publiée dans la revue Nature Medicine indique que ce régime alimentaire pourrait réduire les symptômes. Pour rappel, cette pathologie du tube digestif fait partie, avec la rectocolite hémorragique (RCH), des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI). Actuellement, il n’existe pas de traitement curatif pour la maladie de Crohn. Les personnes qui en sont atteintes alternent entre des périodes d'activité - ou "poussées" entraînant des douleurs - et des phases de rémission, sans symptômes.
Lors des poussées, privilégier les repas sans fibres
Lors des poussées, l’Assurance Maladie recommande aux patients de privilégier les repas sans fibres, qui peuvent aggraver les symptômes. Il leur est aussi conseillé de consulter un diététicien pour compenser la perte nutritionnelle et bien couvrir les besoins alimentaires durant cette période. Mais dans une nouvelle étude, des chercheurs vont plus loin. Parmi eux figure Valter Longo. Ce professeur de gérontologie et de sciences biologiques est déjà connu pour ses travaux - encore discutés au sein de la communauté scientifique - montrant les bénéfices du jeûne chez des souris atteintes de cancer. Fort de sa notoriété, il a par ailleurs créé une gamme de compléments alimentaires qui simulent le jeûne.
Dans cette nouvelle recherche, les scientifiques ont étudié l’impact du jeûne intermittent sur la maladie de Crohn. Pour cela, ils ont mené pendant trois mois une expérience sur 97 patients atteints de formes légères à modérées de la maladie de Crohn. Les participants ont été divisés en deux groupes. Dans le premier, les volontaires suivaient un "régime imitant le jeûne alimentaire" (fasting mimicking diet, ou FMD). Au menu : des aliments végétaux hypocaloriques, allant de 700 à 1.100 calories par jour pendant cinq jours. Les sixième et septième jours, ils reprenaient une alimentation normale. Dans le second groupe en revanche, aucune restriction, ils pouvaient manger comme d’habitude.
Maladie de Crohn : moins de symptômes chez deux tiers des participants ayant jeûné
Près de deux tiers des participants du premier groupe ont vu leurs symptômes s’améliorer, contre moins de la moitié pour ceux qui n’avaient pas modifié leur alimentation. "Nous avons été très agréablement surpris que la majorité des patients semblent bénéficier de ce régime", se félicite Sidhartha Sinha, principal auteur de l’étude, dans un communiqué. Quelques effets secondaires ont été observés chez les participants du groupe "jeûne intermittent”, notamment de la fatigue et des maux de tête. Mais les auteurs assurent qu’aucun n’était grave.
Les scientifiques ont aussi observé une diminution de certains marqueurs biologiques de l’inflammation, dont les taux sont souvent élevés chez les patients. Néanmoins, avant que les patients atteints de la maladie de Crohn se lancent dans un jeûne intermittent, le mieux serait d’en parler à leur gastroentérologue, leur médecin traitant et à un diététicien.



