- Les tests à domicile facilitent le dépistage des infections sexuellement transmissibles.
- De nouveaux antibiotiques offrent des traitements oraux efficaces.
- Ces progrès interviennent alors que les IST avaient atteint des records avant et pendant la pandémie de Covid-19.
Se tester soi-même, depuis son salon, pour détecter une infection sexuellement transmissible (IST) : aux États-Unis, les autorités ont récemment validé plusieurs innovations technologiques dans ce domaine. Une manière de faciliter et encourager le dépistage, à l’heure où "la santé sexuelle peut être stigmatisée et les gens peuvent hésiter à se faire tester", explique la Dre Ina Park, experte du sujet et chercheuse à l’Université de Californie, citée par Euronews.
Des tests maison pour une détection plus rapide
L’an dernier, la Food and Drug Administration (FDA), le gendarme américain du médicament, a approuvé le premier test à domicile capable de détecter simultanément trois infections fréquentes chez les femmes : la chlamydia, la gonorrhée et la trichomonase. Ce test, développé par Visby Medical, comprend un écouvillon vaginal, un dispositif électronique d’analyse et une application en ligne. Les résultats sont disponibles en quelques heures, accompagnés d’une téléconsultation médicale. Coût total : 150 dollars (environ 127 euros).
Ce type de test permet de mieux suivre les patientes, alors que "beaucoup sont difficiles à recontacter et que certaines ne sont jamais traitées et sont perdues de vue", souligne le Dr Gary Schoolnik, responsable médical de Visby, cité par Euronews. Les études ont montré que l’autotest détecte les trois infections avec un taux de précision d’au moins 98 %, comparable aux analyses réalisées en clinique.
En mai dernier, la FDA a également validé le test Teal Wand, le premier kit permettant aux femmes de prélever elles-mêmes un échantillon pour le dépistage du papillomavirus (le virus responsable du cancer du col de l’utérus), à envoyer ensuite en laboratoire.
Deux nouveaux antibiotiques contre la gonorrhée
Ce n’est pas tout : deux nouveaux médicaments oraux ont été autorisés pour traiter la gonorrhée, bactérie de plus en plus résistante aux antibiotiques. Nuzolvenc, sous forme de granulés à dissoudre, et Bluejepa, un comprimé, deviennent ainsi une alternative à l’injection de ceftriaxone, le traitement standard jusqu’ici. "Nous étions réduits à une seule classe d'antibiotiques pour traiter la gonorrhée. Avoir deux nouvelles options la même année est très positif", affirme la Dre Park.
Ces progrès interviennent alors que les IST avaient atteint des records avant et pendant la pandémie de Covid-19. Les dernières données des Centres de contrôle des maladies (CDC) aux Etats-Unis montrent néanmoins une baisse des cas de gonorrhée pour la troisième année consécutive, ainsi qu’une diminution des cas adultes de chlamydia et de syphilis. Les experts y voient une retombée des tests à domicile, de l’activité sexuelle en baisse chez les jeunes, et de l’utilisation préventive d’antibiotiques.



