- Même un an après la fin des traitements contre le cancer, les enfants présentent des niveaux élevés de stress, d'anxiété, de traumatisme et de dépression.
- Leurs parents montrent aussi des signes de difficultés psychologiques.
- Les chercheurs appellent à dépister et prendre en charge les troubles de santé mentale des enfants ayant eu un cancer pédiatrique et de leurs parents.
Lorsqu’on s’est battu pendant des semaines, des mois, voire des années contre le cancer, l’annonce de la rémission est une vraie joie. Malgré cela, l’après-maladie n’est pas toujours simple à vivre, surtout pour la santé mentale. Les enfants ayant affronté un cancer pédiatrique, ainsi que leurs parents ne font pas exception. L’impact peut d’ailleurs perdurer plus d’un an après le traitement.
C’est ce que révèle une étude menée sur les conséquences psychologiques à long terme du cancer chez les enfants et publiée dans la revue Nature Pediatric Research.
Cancer de l’enfant : les jeunes et les parents présentent des signes de détresse psychologique
Pour examiner les conséquences psychologiques d’un cancer pédiatrique, les chercheurs ont suivi 118 jeunes âgés de 7 à 21 ans ayant été soignés pour une tumeur maligne ainsi que leurs parents. Tous les enfants avaient fini leurs traitements depuis au moins un an. Les symptômes de stress post-traumatique, d'anxiété et de dépression des jeunes patients et de leurs parents ont été évalués grâce à un questionnaire. Les informations médicales et sociodémographiques présentées dans les dossiers médicaux ont aussi été utilisées.
L’analyse des données montre que la détresse psychologique demeure très fréquente pendant la période de rémission et que les symptômes de stress, de traumatisme, d'anxiété et de dépression sont étroitement liés. "Notamment, la perception qu'ont les parents de la détresse émotionnelle de leurs enfants est souvent plus fortement corrélée à leur propre état émotionnel qu'aux auto-évaluations des enfants, ce qui suggère que la détresse parentale peut influencer la manière dont ces derniers interprètent le bien-être de leurs enfants", expliquent les auteurs.
"Même après la fin du traitement, les enfants et leurs parents peuvent continuer de présenter des niveaux élevés de stress, d'anxiété et de dépression", remarque la professeure Ilanit Hasson-Ohayon, directrice du Laboratoire de psychologie de la réadaptation de l'Université Bar-Ilan et auteure de l’étude.
Dépister les séquelles psychologiques du cancer pédiatrique
"Le cancer pédiatrique est une épreuve partagée, marquée par l'incertitude et la peur. Notre étude montre combien il est crucial de dépister les enfants et leurs parents et de leur apporter un soutien émotionnel continu, même après la rémission", souligne la spécialiste dans un communiqué.
La chercheuse et son équipe appellent à inclure une évaluation du bien-être psychologique des jeunes patients et de leurs parents lors du suivi oncologique à long terme. "Donner la priorité aux témoignages des enfants et proposer un soutien psychosocial personnalisé tout au long de la période de rémission pourrait améliorer significativement les résultats à long terme des familles", concluent les scientifiques.




