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QUESTION D'ACTU

A l'initiative d'une association

Amsterdam : des alcooliques nettoient les rues pour de la bière

Aux Pays-Bas, un groupe d'alcooliques responsables de nuisances nettoie les rues de la ville. En échange, une association leur offre des bières et du tabac à rouler.

Amsterdam : des alcooliques nettoient les rues pour de la bière Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA

  • Publié 08.11.2013 à 19h33
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Dix euros, un demi paquet de tabac, du papier à rouler, mais surtout cinq canettes de bière. C'est la façon dont une association néerlandaise rémunère une dizaine d'alcooliques pour nettoyer les rues de la ville d'Amsterdam. Des scènes étonnantes que vivent les Amstellodamois, pas mécontents au final de cette initiative qui a pour but de pacifier les rues parfois agitées de la capitale des Pays-Bas. Ces derniers vont jusqu'à saluer les nettoyeurs lors de leur passage. « Ils font quelque chose d'utile au lieu de traîner dans le parc », a confié à l'Agence France Presse (AFP) une dame interrogée sur le pas de sa porte.

Une prise en charge jamais testée
« Il s'agit d'un groupe d'alcooliques chroniques responsable de nuisances dans un parc d'Amsterdam, l'Oosterpark : des bagarres, du bruit, des remarques pas très agréables aux femmes », explique Gerrie Holterman, en charge du projet pour la Fondation « de Regenboog » (l'Arc-en-ciel).
Alors, pour mettre fin à tout cela, l'association a décidé de prendre en charge ces agitateurs. Avec une méthode pour le moins originale...
La journée du petit groupe d'alcooliques commence vers 09H00. Malgré cette heure matinale, ces malades accros à la boisson reçoivent deux bières et boivent également du café. Une fois ce petit rituel accompli, ils partent ramasser les déchets qui traînent dans les rues de la ville.

A midi, de retour à la maison de quartier de l'association, ils reçoivent encore deux autres bières et un repas chaud, puis repartent pour un nouveau tour du quartier dans l'après-midi. La journée se termine habituellement par une dernière bière, toujours à la maison de quartier. Les nettoyeurs finissent ainsi leur journée de travail vers 15H30. Et dans cette petite organisation bien rodée, la confiance règne. En effet, même si d'habitude Gerrie Holterman note soigneusement ce que consomme chacun pour éviter que certains ne boivent trop, si ce dernier part faire un tour, « ce sont les alcooliques eux-mêmes qui notent leurs consommations, sans tricher », confie-t-il.

Des résultats mitigés sur la consommation d'alcool
Enfinquant aux effets du projet sur la consommation d'alcool de ces personnes, les résultats sont contrastés. Vincent, 48 ans, ancien boulanger participant au projet note : « Quand je rentre chez moi, j'ai eu ma journée bien occupée et je n'ai pas forcément envie de boire. Et puis, on a aussi une certaine satisfaction, le sentiment du travail accompli, d'apporter notre contribution à la société malgré le fait que l'on boit toujours, rajoute-t-il. Ce qui est bien aussi, c'est que la bière qu'on nous donne est une bière légère, à 5 %, et pas une bière à 11 ou 12 %, comme je pouvais en boire avant », conclut ce quadragénaire.

Frank, autre participant, se montre pour sa part plus sceptique : « on boit de manière plus structurée, c'est sûr, mais je ne pense pas que l'on boive moins qu'avant. Quand on part d'ici, on va au supermarché et on va transformer notre billet de dix euros en bières. Et les autres jours, on retombe tout bêtement dans nos habitudes. » Ce dernier reconnaît en effet que lors de ces jours de repos, lorsque le supermarché ouvre ses portes à 08H00, nous sommes les premiers à aller acheter des boissons alcoolisées ! »

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