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QUESTION D'ACTU

Jeux dangereux

Jeu du foulard, jeu mortel

Deux fillettes meurent en se filmant ; elles jouaient au jeu du foulard, jeu mortel encore trop populaire auprès de nos enfants.

Jeu du foulard, jeu mortel monkeybusinessimages / iStock


  • Publié le 08.07.2022 à 14h50
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Les parents de deux fillettes américaines décédées après s'être auto-asphyxiées ont porté plainte contre TikTok. Ils accusent l'algorithme de la plateforme d'avoir conduit leurs enfants respectifs à participer au dangereux "jeu du foulard", un "défi" qui encourage les participants à s'asphyxier jusqu'à l'évanouissement.

Un enfant par mois meurt des conséquences de jeux stupides qui ne perdent pourtant pas leur popularité : les deux tiers les connaissent, et un sur dix y a déjà joué. La mort pour 30 secondes de plaisir hypothétique.

Selon l’Association de Parents d’Enfants Accidentés par Strangulation, l’APEAS, deux enfants sur trois connaissent ces jeux appris sur les bancs de l’école ; un  sur quatre déclare avoir assisté à une de ces expériences dont le principe est simple et médicalement effrayant. On commence par provoquer une respiration profonde et rapide ; par exemple, quelques flexions des jambes et de grandes inspirations. Puis on bloque la respiration, en comprimant les artères ou les veines du cou en utilisant des foulards ou des cordelettes… Un étranglement volontaire, dans le but de provoquer un évanouissement par manque d’oxygène. Celui-ci se traduit, au niveau du cerveau, par des sensations dont certaines sont jugées agréables : des hallucinations visuelles, une impression de planer au-dessus du sol avec le déplacement des objets environnants Mais très vite surviennent les signes que connaissent bien ceux qui un jour se sont évanouis : des bourdonnements, des sifflements d’oreille, des « coups de gong » au niveau des tempes, une vision floue, une lourdeur dans les jambes… précédant la perte de connaissance. Le risque vital devient alors réel avec souvent des convulsions, comme dans une crise d’épilepsie. Si la strangulation est immédiatement arrêtée et que les secours spécialisés comme le Samu arrivent vite, l’enfant peut être sauvé en espérant que le cerveau n’ait pas irrémédiablement souffert de ce manque d’oxygène

De tout temps, les adolescents ont aimé expérimenter leurs propres limites, mais on assiste aujourd’hui à un rajeunissement des conduites adolescentes qui arrivent désormais dans les cours des écoles primaires et maternelles… Les décès ont concerné des garçons et des filles, de 4 à 20 ans, de tout niveau social. Ces « Jeux », comme leurs noms l’indiquent, sont au départ considérés comme un amusement susceptible de procurer des « sensations fortes », surtout pas une sorte de provocation ou d’appel au secours ;  il s’agit rarement d’une volonté de transgression et exceptionnellement d’un comportement violent ou suicidaire.

82% en ont entendu parler avant la 6ème ; 10% passent à l’acte, que ce soit sous la pression d’un groupe, d’une lecture ; ce peut être aussi un film, un site web incitatif, ou une vidéo transmise par un téléphone portable… Malheureusement parfois seul, le plus souvent le même scénario : après avoir testé le « Jeu » à plusieurs, souvent dans les cours de récréation, l’enfant est tenté de renouveler l’expérience seul, à l’aide d’un lien quelconque. Le risque mortel est alors beaucoup plus important parce que il n’y a personne pour donner l’alerte. Difficile pour des parents de soupçonner cette pratique ; si l’enfant s’est livré à plusieurs expériences avant l’accident, on peut retrouver des marques, des traces brunes, des excoriations  autour du cou ; c’est la seule prévention possible. Il y a des signes plus généraux qui peuvent malheureusement avoir d’autres origines mais qui sont la conséquence du jeu : des hémorragies des yeux ; une baisse de l’acuité visuelle, des douleurs, des sifflements et bourdonnements d’oreille ; de violents maux de tête, des vertiges ou malaises inexpliqués. En cas de doute, c’est aux parents d’ouvrir le dialogue, car les médecins n’y pensent pas toujours devant ces signes. L’APEAS propose un site parfaitement adapté au dialogue car la prévention passe avant tout par une information adaptée : www.jeudufoulard.com

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