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Travail du dimanche : un risque accru de maladies professionnelles

L'ouverture des magasins le dimanche divise les Français. D'un point de vue sanitaire, les études montrent que le travail dominical est associé à un risque accru de maladies professionnelles.

Travail du dimanche : un risque accru de maladies professionnelles  MEUNIER AURELIEN/SIPA

  • Publié 30.09.2013 à 16h55
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Le travail le dimanche ne concerne pas que les salariés des magasins de bricolage, comme pourrait le laisser penser le bras de fer actuel sur l’ouverture des magasins Leroy-Merlin et Castorama. D’après la dernière enquête européenne sur les conditions de travail qui date de 2010, 26% des salariés travaille au moins un dimanche par mois et 10% au moins trois dimanches par mois. Mais, c’est tout de même un peu moins qu’il y a 15 ans. A l’époque, 30% des travailleurs de l’Union européenne à 25 travaillaient le dimanche. Autre donnée importante : aujourd’hui, les femmes sont autant concernées que les hommes par le travail dominical, alors qu’elles étaient auparavant sous-représentées. En outre, les salariés du privé sont davantage touchés que ceux du public.


Ce phénomène est donc largement répandu et il n’est anodin en terme de santé. Des études ont déjà été menées pour savoir quels étaient le risque pour le salarié de travailler le dimanche. Premier constat : « un risque 40 % supérieur d’accidents sans arrêt de travail est lié à l’absence de 48 h de repos hebdomadaire », souligne l’Institut national de recherche et de sécurité dans son document qui fait le point des connaissances sur les horaires atypiques de travail.


Plus de maladies professionnelles et d'absenteisme

En outre, une étude publiée en 2007 par l’agence européenne pour l’amélioration des conditions de travail a mis en évidence que les entreprises qui ont recours au travail dominical, le risque de maladie professionnelle et d’absentéisme est 1,3 fois plus élevé que dans les entreprises ne le pratiquant pas. La même agence avait révélé quelques années plus tôt que les salariés qui travaillent au moins un dimanche par mois souffrent plus fréquemment d’une pathologie professionnelle que les autres : 66,9% contre 50,4%.

Une autre étude canadienne a, quant à elle, évalué l’impact sur les relations familiales. Et les travailleurs du dimanche sont ceux dont le temps passé avec les enfants pâtit le plus de cette organisation. Il semblerait que les parents ne rattrapent pas le temps perdu les autres jours de la semaine.


Le volontariat minore les effets négatifs
Pourtant, comme le montre le débat actuel autour des enseignes de bricolage, certains salariés plébiscitent le travail le dimanche. D’après une enquête « pour ou contre le travail effectué le week-end» cité par l’INRS, les avis sont divergents sur le sujet. Une grande disponibilité en semaine sera vécue par les uns comme positive «pour s’occuper des enfants et de la maison, les économies de frais de garderie (pour enfants en bas âge)», par les autres de façon négative car «se trouvant en déphasage avec les autres membres de la famille, avec les relations amicales».Au vu des réponses, il est constaté que la tolérance à cette forme d’aménagement temporel ne dépend pas simplement de la physiologie, de la fatigue, des biorythmes, mais également de la vie sociale de chacun.


Le mot-clé semble donc être le volontariat du salarié mais aussi l’acceptation par l’entourage de ce rythme décalé, la répartition des tâches domestiques au sein du couple, les contraintes familiales et sociales ainsi que les ressources disponibles. Autant d'éléments qui devraient alimenter la mission de concertation que vient de lancer le gouvernement sur le travail dominical. 

 

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