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Ulcère du pied

Diabète : des microaiguilles pour soigner les plaies au pied

Par Chloé Savellon

Une équipe d'ingénieurs américains a mis au point un réseau de microaiguilles, capable d'injecter des antibiotiques dans les plaies qui peinent à cicatriser. Ce nouveau dispositif pourrait s'avérer particulièrement utile pour soigner les ulcères du pied, très fréquents chez les diabétiques. 

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Constitué de polymère flexible, ce réseau de microaiguilles peut percer le microfilm microbien de la peau et injecter un antibiotique en cas d'ulcère de pied chez les patients diabétiques.

Comment soigner des plaies importantes en provoquant le moins de douleur possible aux patients ? Rahim Rahimi, professeur à l'université de Purdue (États-Unis) et son équipe ont peut-être trouvé la solution. Ces ingénieurs ont mis au point un réseau de microaiguilles destiné à soigner les ulcères de pied, une infection sévère et fréquente chez les personnes atteintes de diabète

Constitué de polymère flexible, le dispositif est capable de surmonter le biofilm bactérien (amas de cellules bactériennes) présent dans les plaies chroniques qui ne guérissent pas. L'idée consiste à délivrer simultanément de l'oxygène et des antibiotiques à l'aide des microaiguilles, ce qui a pour effet de dissoudre le biofilm. 

"Les micro-aiguilles ne provoquent pas de douleur car elles ne sont pas assez longues pour toucher les terminaisons nerveuses du pied", précise Rahim Rahimi. 

Prochaine étape : tester le dispositif sur l'humain

"La méthode traditionnelle pour contourner le biofilm consiste pour les médecins à le décoller, ce qui est douloureux pour les patients et ne permet pas de discriminer les tissus malsains des tissus sains", explique l'équipe de Rahim Rahimi, dont les travaux ont été publiés dans la revue ACS Applied Bio Materials

L'enjeu est important car, sans traitement adapté, un ulcère au pied peut entraîner une septicémie et, dans les cas les plus graves, entraîner une amputation.

Le dispositif développé par l'équipe de l'université de Purdue a été testé sur des modèles de plaies porcines ex vivo. La prochaine étape consiste donc à trouver des financements pour réaliser des essais sur des cellules humaines.