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Santé publique

Septicémie : 1 décès sur 5 dans le monde est lié à une infection grave du sang

Selon une nouvelle étude publiée dans "The Lancet", une mort sur cinq dans le monde est liée à une septicémie, soit deux fois plus que ce que les chercheurs pensaient jusqu'à présent.

Septicémie : 1 décès sur 5 dans le monde est lié à une infection grave du sang Piotrekswat/iStock

  • Publié le 18.01.2020 à 20h00
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Infection grave du sang touchant majoritairement des patients au système immunitaire affaibli, la septicémie est responsable chaque année de 11 millions de décès dans le monde.

Un chiffre vertigineux, jusqu’à présent largement sous-estimé. Par exemple, sur son site Internet, l’Institut Pasteur estime que 6 millions de personnes décèdent chaque année dans le monde d’une infection généralisée.

Publiées dans la revue The Lancet et annoncées lors de la réunion annuelle des Critical Care Reviews à Belfast, en Irlande du Nord, ces nouvelles données sont le fruit du travail de chercheurs des écoles de médecine de l'Université de Pittsburgh et de l'Université de Washington.

Selon eux, 48,9 millions de cas de septicémie ont été recensés dans le monde en 2017. Cette infection grave a causé 11 millions de décès, soit 1 décès sur 5 dans le monde. Plus que le cancer. Selon leurs estimations, plus de 40% des nouveaux cas surviennent chez les moins de cinq ans.

85% des cas de septicémie ont lieu dans des pays pauvres

Infection grave pouvant commencer localement (péritonite, pneumonie, infection urinaire, infection sur cathéter, etc.), la septicémie survient lorsque les organes d'une personne cessent de fonctionner correctement en raison d'une réponse immunitaire incontrôlée à l'infection. Même si la septicémie ne tue pas ses victimes, elle peut créer des incapacités à vie chez les survivants.

D’après les chercheurs, 85% des cas de septicémie recensés en 2017 se sont produits dans des pays à faible ou moyen revenu, notamment en Afrique subsaharienne, dans les îles du Pacifique Sud près de l'Australie et en Asie du Sud, de l'Est et du Sud-Est.

"J'ai travaillé dans une région rurale de l'Ouganda, et la septicémie est ce que nous avons vu tous les jours. Voir un bébé mourir d'une maladie qui aurait pu être évitée par des mesures de santé publique de base vous colle vraiment à la peau", a déclaré Kristina E. Rudd, professeure adjointe au département de médecine des soins intensifs de Pitt et autrice principale de l’étude. " Je veux contribuer à la résolution de cette tragédie, alors je participe à la recherche sur la septicémie. Cependant, comment pouvons-nous savoir si nous faisons des progrès si nous ne connaissons même pas l'ampleur du problème ? Si vous regardez une liste des 10 premiers décès dans le monde, la septicémie n'y figure pas parce qu'elle n'a pas été comptabilisée."

Des chiffres jusqu’ici sous-estimés

C’est en se basant sur la Global Burden of Disease Study, une analyse épidémiologique complète coordonnée par l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de la Faculté de médecine de l'Université de Washington, que les chercheurs ont réussi à établir une estimation fiable du nombre de cas de septicémie au niveau mondial. Les estimations précédentes étaient limitées car elles s’appuyaient sur les bases de données des hôpitaux d'un groupe choisi de pays à revenu moyen et élevé et ne tenaient pas compte du nombre de cas survenant en dehors des hôpitaux, en particulier dans les pays à faible revenu.

"Nous sommes alarmés de constater que le nombre de décès dus à la septicémie est beaucoup plus élevé que ce qui avait été estimé précédemment, d'autant plus que cette affection est à la fois évitable et traitable", insiste Mohsen Naghavi, professeur de sciences de la métrologie de la santé à l'IHME de la Faculté de médecine de l'Université de Washington. "Nous devons nous concentrer à nouveau sur la prévention de la septicémie chez les nouveau-nés et sur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, un facteur important de cette maladie."

Privilégier la vaccination et l’accès à l’eau potable

Les chercheurs insistent sur la nécessité de revoir "l’infrastructure de base de la santé publique". À savoir "des vaccins, l'accès de tous à des toilettes et à de l'eau potable, une nutrition adéquate pour les enfants et des soins de santé maternelle". Dans les pays à revenu élevé, promouvoir la vaccination est nécessaire, tout comme "faire un meilleur travail de prévention des infections nosocomiales et des maladies chroniques, comme le diabète, qui rendent les gens plus vulnérables aux infections".

"Enfin, pour les habitants des pays à revenu élevé qui veulent contribuer à réduire les taux de septicémie dans les zones à faible revenu, nous devons appuyer la recherche sur les traitements et faire valoir auprès de nos élus l'importance de soutenir les efforts de prévention et de lutte contre la septicémie dans les collectivités à faible revenu", conclut Kristina Rudd.

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