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Psychiatrie

Procès des attentats du 13 novembre : qu'est-ce qu’un trouble de stress post-traumatique ?

Par Mathilde Debry

Les attentats du 13 novembre 2015 ont fait 131 morts et 350 blessés. Parmi les survivants, nombreux sont ceux à souffrir d’un trouble du stress post-traumatique (TSPT).

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MOTS-CLÉS :
Vingt accusés seront jugés au procès des attentats du 13 novembre 2015, qui doit s’ouvrir à Paris le 8 septembre 2021.
Parmi eux, 14 seront présents, dont Salah Abdeslam, l’unique survivant des commandos.

Alors que le procès hors-norme des attentats du 13 novembre s'ouvrira à Paris à partir du 8 septembre, nombreuses sont les victimes et leurs proches à souffrir d’un trouble de stress post-traumatique, sans forcément en avoir conscience. Voici les éléments qui permettent d’identifier ce syndrome, et donc de le soigner.

Définition

Le trouble de stress post-traumatique est un trouble anxieux qui se différencie des autres par son origine : un évènement traumatique. Cela peut être des attentats comme ceux du 13 novembre 2015 à Paris, mais aussi un vol à main armée, un accident de la route, une catastrophe naturelle, la guerre ou encore des sévices physiques ou sexuels. Face à ce type d’événement, il est normal de ressentir un choc : c’est la réaction dite de "stress aigu", qui dure habituellement moins d’un mois. Mais chez certaines personnes, cette période de stress persiste de manière anormalement longue, de plusieurs semaines à plusieurs mois. On parle alors "d’état de stress post-traumatique".

Symptômes

Il faut penser à un trouble de stress post-traumatique lorsque la personne se plaint de trois grandes catégories de problèmes :
- elle revit continuellement la scène traumatique en pensée ou en cauchemars (signes de reviviscence).
- elle cherche à éviter tout ce qui pourrait lui rappeler de près ou de loin le traumatisme (signes d’évitement et d’engourdissement émotionnel).
- malgré l'absence de danger imminent, elle est fréquemment aux aguets et en état d'hypervigilance.

Près d’un tiers des personnes atteintes d'un trouble de stress post-traumatique souffrent aussi d’une dépression avérée, ce qui peut compliquer la compréhension de l’état réel du malade. Les autres problèmes de santé qui peuvent être associés au syndrome de stress post-traumatique sont les états anxieux, les douleurs chroniques, les troubles de la sexualité, les comportements compulsifs (achats, paris) ou encore l’abus de drogues, d’alcool ou de médicaments.

Durée

L'intensité et la durée du trouble post-traumatique sont très variables, allant de quelques semaines à plusieurs années. Environ la moitié des personnes qui présentent des signes de stress post-traumatique s'en remettent spontanément en l'espace d'un an ou deux. Chez d'autres, le trouble de stress post-traumatique se chronicise et nécessite de consulter un médecin.

Soins possibles

Plusieurs thérapies sont efficaces pour traiter trouble de stress post-traumatique : la thérapie comportementale, la thérapie cognitive ; la thérapie cognitivo-comportementale ; l’EMDR (Eye Movement Desentization and Reprocessing) ; la psychoéducation ; les stratégies de gestion de l’anxiété ; la correction cognitive et l’exposition en imagination et in vivo.  

Certains médicaments antidépresseurs ont également une action bénéfique sur le trouble post-traumatique, démontrée dans le cadre d’études cliniques. Sans aller jusqu’à la consultation médicale, parler de son traumatisme à ses proches peut aussi suffire à résoudre le problème.