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Maladie auto-immune

Sclérose en plaques : une piste de traitement pour réduire les troubles visuels

Par Mégane Fleury

Un nouveau traitement permettrait de restaurer la myéline et les fibres nerveuses du système optique.

monkeybusinessimages/istock
La sclérose en plaques attaque le système nerveux central
Elle peut se manifester par des troubles visuels
Un traitement encore à l'étude pourrait restaurer les capacités visuelles des patients

La sclérose en plaques se manifeste par des troubles divers comme des perturbations motrices, des troubles cognitifs ou visuels. La moitié des personnes atteintes d’une SEP souffre de névrite optique, une inflammation du nerf optique, dès le début de la maladie. Au fil de son évolution, l’apparition de troubles visuels est inévitable. Certains patients ressentent des douleurs, d’autres voient flou voire perdent progressivement la vue. Deux scientifiques américaines ont découvert un traitement potentiel. Dans la revue spécialisée Brain Pathology, elles expliquent comment le chloride d’indazole (IndCI) permet d’améliorer les fonctions visuelles des patients. 

Qu’est-ce que la sclérose en plaques ? 

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune : les défenses immunitaires s’attaquent à la gaine de la myéline, une membrane qui entoure les fibres nerveuses dans le système nerveux central. Ce phénomène s’appelle la démyélinisation. La pathologie provoque ainsi des lésions dans cette partie du cerveau. Dans le cas de la vue, la perte de myéline induit un ralentissement de la transmission des informations visuelles, car le nerf optique en est largement constitué. 

Un médicament déjà étudié 

"L’IndCI a précédemment montré son intérêt dans la réduction des troubles moteurs chez les souris, ainsi que dans l’augmentation de la myélinisation et pour la neuro-protection de la moelle épinière et du corps calleux, détaille Seema Tiwari-Woodruff, co-autrice de la recherche. Ses effets sur le système de la vision n’ont jamais été étudiés jusqu’alors." Dans cette nouvelle étude, elle prouve que ce traitement permet de réduire l’inflammation du nerf optique et entraîne une remyélinisation. Pour parvenir à cette conclusion, les deux chercheuses ont réalisé un essai sur des souris. Les voies optiques de ces rongeurs sont proches de celles des humains. "Ainsi, le cerveau des souris est un excellent modèle pour les scientifiques pour étudier les troubles de la vue", soulignent les scientifiques. Avec leur équipe, elles ont administré le médicament à la moitié des souris au moment où la maladie atteignait son pic. À la fin de l’essai, la vue des animaux a été testée : les souris traitées ont pu bénéficier d’une remyélinisation, qui a entraîné une amélioration de leurs capacités visuelles de près de 50%.

De l'importance d'une prise en charge rapide

En plus de ces résultats encourageants, Seema Tiwari-Woodruff et son équipe font un autre constat : "Si le cerveau est très atteint par la maladie, certaines des fibres nerveuses, qui pourraient permettre de restaurer la vue, sont trop abîmées et ne pourront pas être réparées. Il y a un point de non retour, indique la chercheuse. Notre recherche montre que pour avoir une amélioration de la vue, il faut traiter tôt." D’après elle, un traitement administré dès les premiers symptômes permettre de retrouver jusqu’à 80% des fonctions visuelles. 110 000 personnes sont atteintes d’une sclérose en plaques en France, d’après l’Inserm, c’est la première cause de handicap sévère non traumatique chez les jeunes adultes dans le pays.