Publicité

QUESTION D'ACTU

Neuroleptiques

Les antipsychotiques sont trop prescrits aux jeunes

Prescrire des neuroleptiques à des jeunes malades ne souffrant pas nécessairement de psychoses peut s'avérer mortellement dangereux. Pourtant, c'est une pratique courante.  

Les antipsychotiques sont trop prescrits aux jeunes Richard Villalonundefined undefined / istock

  • Publié 14.12.2018 à 10h57
  • |
  • |
  • |
  • |


Trop d’enfants et de jeunes adultes à qui l'on prescrit des antipsychotiques (ou neuroleptiques, NDLR) à forte dose courent un risque accru de décès, selon une étude publiée dans le JAMA Psychiatry. On parle ici de morts dues à des overdoses involontaires ou à des causes cardiovasculaires et métaboliques.

Le problème est ici que les médecins prescrivent des antipsychotiques à de jeunes patients qui ne souffrent pas nécessairement de psychoses, mais d’autres types de problèmes psychiatriques comme par exemple la dépression, la bipolarité ou le déficit de l'attention (TDAH).

Les risques 

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données médicales de 250 000 patients, âgés de 5 à 24 ans. Avant cela, ils les avaient répartis en deux groupes : le premier prenait des antipsychotiques, l’autre non. Les patients atteints de schizophrénie ou d'autres types de psychoses ont été exclus de l’expérience, car il n'existe aucune solution de rechange aux antipsychotiques pour ces troubles.

Résultat : le groupe de jeunes ayant reçu une dose élevée d'antipsychotiques présentait un risque de décès inattendu 3,5 fois supérieur au groupe témoin, tandis que le risque de décès cardiovasculaires et métaboliques était 4,3 fois supérieur au groupe témoin.

La prudence s’impose

Selon l'auteur principal de l’étude Wayne Ray, professeur de politique de la santé à l'Université Vanderbilt (Etats-Unis), la prudence s’impose concernant la prescription d’antipsychotiques : "les patients doivent être choisis avec beaucoup de soin, après avoir pris en considération les solutions de rechange médicamenteuses et non médicamenteuses", a-t-il déclaré. "Avant de commencer ce genre de traitement, il devrait y avoir une évaluation des facteurs qui pourraient amplifier les effets antipsychotiques, comme les troubles cardiaques par exemple. Ces enfants et ces jeunes adultes devraient également faire l'objet d'une surveillance étroite pendant le traitement si on leur prescrit une forte dose d'antipsychotique", ajoute-t-il.

Les recommandations de l'ANSM

En France, l’utilisation des neuroleptiques a diminué chez les personnes âgées, mais est en augmentation chez les enfants, notamment pour les garçons. Par ailleurs et à la suite des résultats d’une enquête qui met en évidence un respect insuffisant de la surveillance biologique des patients traités par antipsychotiques, l’ANSM rappelle sur son site les recommandations de suivi cardio-métabolique émises en 2010.

Avant le traitement, il est ainsi recommandé de rechercher les facteurs de risque du patient (antécédents médicaux, traitements en cours, hygiène de vie) ; pratiquer des bilans cliniques et biologiques (calcul de l’indice de masse corporel, mesure du périmètre ombilical, mesure de la pression artérielle, dosages à jeun de la glycémie, du cholestérol (total, HDL, LDL) et des triglycérides) et informer les patients et leur entourage de la nécessité de consulter rapidement en cas de survenue de symptômes évocateurs d’un diabète (polyurie, polydipsie, perte de poids).

Pendant le traitement, "une surveillance étroite devra porter sur le poids, la glycémie, la pression artérielle et le bilan lipidique", insiste l’agence de santé publique.

Ce sujet vous intéresse ? Venez en discuter sur notre forum !
Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

Publicité

LES MALADIES

J'AI MAL

Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES

Publicité