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QUESTION D'ACTU

Crise cardiaque et AVC

Le harcèlement moral au travail augmente le risque de maladies cardiovasculaires

Le harcèlement moral n’est pas seulement préjudiciable pour le bien-être psychique du salarié qui le subit. Les personnes victimes d’intimidation ou de violences au travail ont également plus de risque d’être touchées par une crise cardiaque ou un AVC.

Le harcèlement moral au travail augmente le risque de maladies cardiovasculaires millann/iStock

  • Publié 19.11.2018 à 11h07
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Pressions psychologiques, humiliations, mise au placard, brimades, dédain affiché… Le harcèlement moral au travail a beau être un délit, réprimé par le Code de la fonction publique et par le Code du travail, il reste une réalité pour de nombreux travailleurs et travailleuses.

Selon un sondage du groupe Cegos réalisé en 2015, 61% des personnes interrogées affirment subir un stress régulier sur leur lieu de travail. 1 salarié sur 4 affirme avoir déjà fait un burn-out au cours de sa carrière professionnelle et aurait été victime de harcèlement moral.

Cette souffrance infligée sur le lieu de travail de façon durable, répétitive ou systématique n’est pas anodine. Entraînant une dégradation des conditions de travail, elle impacte la santé psychologique des personnes qui la subissent, mais aussi leur santé physique.

Une nouvelle étude, menée par des chercheurs de l’Université de Copenhague et publiée dans l’European Heart Journal, vient à nouveau l’attester. Selon ses auteurs, les personnes victimes d’intimidation ou de violence au travail présentent davantage de risque de développer des problèmes cardiovasculaires, notamment une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral (AVC).

Un risque plus élevé de 120%

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont examiné les données concernant 79 201 travailleurs et travailleuses au Danemark et en Suède, âgés de 18 à 65 ans, sans antécédents de maladie cardiovasculaire, et qui ont participé à trois études entreprises entre 1995 et 2011. Les participants ont à nouveau été suivis depuis. Lorsqu'ils ont rejoint les études, ces derniers ont été interrogés sur le harcèlement au travail et sur la fréquence à laquelle ils y étaient confrontés. Des informations sur le nombre de cas de maladies cardiaques, vasculaires et le nombre de décès ont ensuite été obtenues à partir de registres nationaux.

D’autres facteurs pouvant influer sur l’incidence des maladies cardiovasculaires (IMC, tabagisme, consommation d’alcool…) ont également été pris en compte.

Parmi les participants à l’étude, 9% ont déclaré avoir été victimes d’intimidations et 13% de violences ou de menaces de violence au travail au cours de la dernière année. Les chercheurs ont aussi constaté que les victimes d'intimidation ou de violences (ou de menaces de violence) au travail présentaient respectivement un risque de maladie cardiovasculaire 59% et 25% plus élevé que les personnes n’y étant pas exposées.

Les chercheurs reconnaissent qu’il s’agit d’une étude observationnelle et qu’elle ne peut donc pas démontrer que l'intimidation ou la violence au travail soient à l'origine de problèmes cardiovasculaires. Toutefois, ils insistent sur le fait que plus les épisodes d’intimidation et de violence sont nombreux, plus le risque de maladie cardiovasculaire est élevé. Ainsi, comparativement aux personnes ne souffrant pas de harcèlement moral, celles ayant déclaré être victimes d'intimidation presque tous les jours au cours des 12 derniers mois avaient un risque plus élevé de maladie cardiovasculaire de 120%.

"Avec cette étude, nous ne pouvons pas conclure qu’il existe une relation de cause à effet entre l’intimidation au travail ou la violence au travail et les maladies cardiovasculaires, mais nous fournissons des preuves empiriques à l’appui de cette relation, en particulier compte tenu de la voie biologique plausible entre les principaux facteurs de stress et les maladies cardiovasculaires sur le lieu de travail", explique Tianwei Xu, doctorante à l'Université de Copenhague et auteure principale de l'étude.

Hypertension artérielle et comportements à risque

Comment expliquer cette augmentation du risque de maladie cardiovasculaire chez les personnes victimes de harcèlement au travail ? D’après les chercheurs, l’hypertension artérielle causée par le stress pourrait l’expliquer. En outre, le harcèlement moral est source de dépression et d’anxiété. États qui peuvent eux-mêmes conduire à une surconsommation de nourriture et à une consommation excessive d’alcool. Des modifications du métabolisme induites par le stress pourraient également être impliquées.

Pour Tianwei Xu, l’effet du harcèlement moral au travail sur l’incidence des maladies cardiovasculaires est "comparable à d’autres facteurs de risque, tels que le diabète et la consommation d’alcool". D’où la nécessité de lutter activement contre ces violences répétées sur le lieu de travail "car elles constituent des facteurs de stress majeurs pour les personnes exposées. Il est également important de disposer de politiques d'intervention en cas d'intimidation ou de violence", analyse le Dr Xu.

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