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Episode psychotique

Schizophrénie : on sait maintenant prévoir la première crise

Des chercheurs ont trouvé un moyen efficace pour mettre en place des stratégies de prévention du premier épisode psychotique chez les schizophrènes. 

Schizophrénie : on sait maintenant prévoir la première crise vchal / istock

  • Publié 09.11.2018 à 19h50
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Des neuroscientifiques ont découvert que des connexions anormales du cerveau ("connectonome") pouvaient précéder l'apparition d'épisodes psychotiques chez des adolescents à risque de schizophrénie, ce qui pourrait aider à mettre en place des actions préventives de l’apparition de ce premier épisode aigu et de la maladie elle-même.

La schizophrénie survient habituellement à l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Bien que certains signes puissent suggérer qu'une personne présente un risque élevé de développer ce trouble, il n'y avait jusqu'ici aucun moyen de diagnostiquer cette maladie mentale de façon définitive avant le premier épisode psychotique.

Symptômes précoces

Les neuroscientifiques du MIT travaillant avec des chercheurs du Beth Israel Deaconess Medical Center, du Brigham and Women's Hospital et du Shanghai Mental Health Center ont désormais identifié un modèle d'activité cérébrale spécifiquement lié au développement de la schizophrénie, qui pourrait être utilisé comme marqueur pour un diagnostic précoce de la maladie.

"Cela peut aussi aider à adapter les interventions", explique Guusje Collin, directeur de l’étude. Avant de vivre un épisode psychotique, caractérisé par des changements soudains de comportement et une perte de contact avec la réalité, les patients peuvent éprouver des symptômes plus légers, comme des troubles de la pensée. Cela peut conduire à des comportements tels que sauter d'un sujet à l'autre sans aucune transition, ou donner des réponses sans rapport avec la question originale. Des études antérieures ont montré qu'environ 25% des personnes qui éprouvent ces symptômes précoces deviennent schizophrènes.

IRM fonctionnelle

Partant de ces données, les chercheurs ont suivi 158 personnes âgées de 13 à 34 ans, identifiées selon ce critère comme potentiellement schizophrènes. La cohorte comprenait également 93 sujets témoins, qui ne présentaient aucun facteur de risque et chaque adolescent a eu une IRM fonctionnelle, une technique d'imagerie qui analyse non seulement l'anatomie, mais aussi le fonctionnement des différentes structures du cerveau.

Un an après les IRM fonctionnelles initiales, 23 des patients à risque élevé avaient vécu un épisode psychotique et été diagnostiqués schizophrènes. Dans les IRM fonctionnelles de ces patients, les chercheurs ont trouvé un type d'activité cérébrale qui différait de celle des témoins sains et des adolescents à risque qui n'avaient pas développé de psychose.

Gyrus temporal supérieur

Chez les adolescents qui ont développé une psychose, le gyrus temporal supérieur est plus connecté aux régions limbiques, régions qui sont normalement impliquées dans le traitement des émotions. Cela pourrait expliquer pourquoi les patients atteints de schizophrénie ont habituellement des hallucinations auditives.

Les personnes à risque élevé qui n'ont pas développé de psychose ont quant à elles montré une connectivité réseau presque identique à celle des personnes saines. Ce type d'activité cérébrale en IRM fonctionnelle semble très spécifique et semble à même d'identifier les adolescents à risque d'évolution vers un premier épisode psychotique aigu et une schizophrénie avérée. Il serai alors possible de leur proposer un traitement préventif basé essentiellement sur une adaptation du mode de vie et une psychothérapie dédiée, et plus rarement sur un traitement médicamenteux.

600 000 personnes seraient schizophrènes

En France, environ 600 000 personnes seraient schizophrènes. La moitié des malades a déjà fait au moins une tentative de suicide. La schizophrénie est un trouble mental sévère et chronique appartenant à la classe des troubles psychotiques. Comme les autres psychoses, la schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité et une anosognosie, c'est-à-dire que la personne qui en souffre n'a pas conscience de sa maladie (en tout cas pendant les périodes aiguës).

Les symptômes les plus fréquents sont une altération du processus sensoriel (hallucination) et du fonctionnement de la pensée (idées de référence, délire). La personne schizophrène peut entendre des voix qui la critiquent ou commentent ses actions, percevoir des objets ou des entités en réalité absents, ou encore accorder à des éléments de l'environnement des significations excentriques. Typiquement, la personne schizophrène a l'impression d’être contrôlée par une force extérieure, de ne plus être maîtresse de sa pensée ou d'être la cible d'un complot à la finalité mal circonscrite.

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