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Un moindre mal

Sevrage tabagique : attention, la prise de poids augmente le risque de diabète

Par Mathilde Debry

Le risque de diabète augmente temporairement chez les personnes ayant arrêté de fumer. Il est important de surveiller son alimentation lors de cette transition. Explications. 

abezikus /iStock

C’est désormais bien connu, arrêter de fumer peut faire prendre du poids (deux à quatre kilos en moyenne, parfois beaucoup plus). L’effet coupe-faim de la cigarette disparaît, les goûts qui reviennent stimulent l’appétit, et le grignotage fait oublier la "pause clope".

Des chercheurs ont ainsi voulu évaluer l’impact d’une telle décision sur le développement potentiel de maladies liées à une surcharge pondérale, telles que le diabète de type 2 ou les pathologies cardiovasculaires. "Le gain de poids après l'abandon du tabac pourrait contrebalancer ses bienfaits pour la santé", expliquent en préambule les auteurs de l’essai, publié dans The New England of Medecine.

Un sommet 5 à 7 ans après que l’on cesse de fumer

Les scientifiques se sont basés sur trois études différentes, toutes réalisées auprès d’Américains, hommes et femmes confondus, ayant arrêté de fumer. Ils ont évalué trois paramètres : le risque de diabète de type 2, le risque de décès par maladie cardiovasculaire et le risque de décès toutes causes confondues.

Chez ceux qui ont pris du poids, le risque de diabète de type 2 était plus élevé chez les personnes ayant récemment cessé de fumer (2 à 6 ans après l’arrêt) que chez les consommateurs réguliers de tabac. Le risque atteint un sommet 5 à 7 ans après que l’on cesse de fumer, puis diminue graduellement. L'augmentation temporaire du risque de diabète de type 2 est directement proportionnelle au gain de poids.

Concernant le risque de décès par maladie cardiovasculaire et le risque de décès toutes causes confondues, les chercheurs n’ont en revanche pas observé d’augmentation, que les membres des cohortes aient pris du poids ou non. "L'abandon du tabac accompagné d'un gain de poids substantiel est associé à un risque accru à court terme de diabète de type 2, mais ne contrebalance pas les avantages de l'abandon du tabac sur la réduction de la mortalité cardiovasculaire et de la mortalité toutes causes confondues", concluent les chercheurs.

73 000 décès chaque année

Il est donc important de surveiller son alimentation lors du sevrage, mais si le patient ne s’en sent pas capable, c’est un moindre mal. Rappelons qu’en France, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable, avec environ 73 000 décès chaque année. Il peut être la cause de multiples cancers (poumon, gorge, bouche, lèvres, pancréas, reins, vessie, utérus, œsophage), de maladie cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux, artérite des membres inférieurs, anévrismes, hypertension artérielle) et de troubles de l’érection.

D’autres pathologies ont un lien ou sont aggravées par le tabagisme : les gastrites, les ulcères gastro-duodénaux, le diabète de type II, l’hypercholestérolémie, l’hypertriglycéridémie, l’eczéma, le psoriasis, le lupus, les infections ORL (nez - gorge - oreilles) et dentaires, la cataracte et la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age) pouvant aboutir à la cécité. Sans oublier la parodontite, maladie des gencives qui provoque le déchaussement et la perte des dents.