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QUESTION D'ACTU

Deuxième chance

Un homme reçoit un nouveau visage à Paris après que son corps ait rejeté le premier

Le rejet est le drame que redoute tous les greffeurs. Encore plus lorsqu'il s'agit du visage. Il faut enlever le greffon et la vie ne peut se poursuivre que dans un service de réanimation. Jamais une deuxième greffe du visage n'avait été tentée. L'équipe du  professeur Lantieri, à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, vient de prouver que cette deuxième greffe était possible. 

Un homme reçoit un nouveau  visage à Paris après que son corps ait rejeté le premier lightsource

  • Publié 20.01.2018 à 14h54
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L'Agence de la bio médecine et l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris confirment partiellement des informations de l'hebdomadaire "Ebdo" : le professeur Lantieri, un des pionniers de la greffe du visage avec le professeur Duvauchelle (qui avait été le premier à la tenter au monde à Lyon en 2005), a dû regreffer un visage sur un de ses patients qui attendait en réanimation cette intervention depuis le mois d’octobre, après le rejet de la première greffe. Le chirurgien avait été obligé d’enlever le premier visage dont le rejet par l’organisme menaçait la survie. Une situation cornélienne, mais qui est toujours une crainte, dans le cas de la greffe en général. Par exemple pour la greffe du cœur, une deuxième, voire une troisième greffe, ne sont pas rares.On peut imaginer l'angoisse de cet homme greffé dont la vie ne dépendait plus que dans l'attente d'un donneur et un deuxième exploit de l'équipe Parisienne. Un première mondiale qui vient, du moins pour la première étape, celle du changement de greffon, couronnée de succès.En attendant la deuxième étape, l'acceptation par l'organisme de cette nouvelle peau.

La greffe, en effet,  n’est plus un problème technique. Les chirurgiens deviennent vite compétents chaque fois qu’un nouveau type de greffe est envisagé. Celle du visage consiste à greffer de la peau, des muscles, des artères, des nerfs, ce qui, pour quelqu’un qui maîtrise la microchirurgie, est relativement facile…

Le succès de ces interventions doit moins à la dextérité des chirurgiens qu’à une autre découverte – beaucoup plus récente puisqu’elle n’a que 38 ans –, la ciclosporine, le premier médicament anti rejet. En effet, nous savons tous comment réagit notre organisme contre un corps étranger, par exemple lorsque nous avons une épine sous la peau. La zone devient rouge, dure, et l’épine se trouve entourée rapidement par une zone inflammatoire dont le rôle est de rejeter l’intrus. Et bien nous réagissons aussi violemment contre l’intrusion d’un cœur étranger. Sans traitement anti rejet, que l’on appelle traitement immunosuppresseur, inévitablement, quelques heures ou jours plus tard, tout est à refaire : le corps n’accepte pas un organe étranger et demande à son système immunitaire de défense de le détruire. Retour à la case départ… généralement, le décès du receveur.

L'immunosuppression est venue résoudre cet épineux problème en obtenant la suppression du système immunitaire de défense du greffon grâce à des médicaments. La cortisone a été le premier immunosuppresseur identifié dans le début des années soixante-dix ; insuffisant pour d’autres greffes que celles du rein.

C’est à partir de 1972 et la découverte de la Ciclosporine par l’équipe docteur Hartmann F. Stähelin à Bâle, que l’on pourra désormais parler de réussite en matière de greffes. La mise au point de ce premier vrai « immunosuppresseur » a permis, dans les années 80, l’essor considérable du domaine de la transplantation d’organes, en prévenant le rejet aigu. La Ciclosporine, un médicament fabriqué à partir d’un champignon norvégien, démontrant une fois de plus, après Fleming et sa pénicilline, que la mycologie était souvent à la base de grandes révolutions thérapeutiques.

La Ciclosporine est encore largement employée aujourd'hui, quoique concurrencée par des médicaments plus récents, en raison de sa toxicité. Un système immunitaire désactivé par la Ciclosporine rend le corps très vulnérable à des agresseurs extérieurs. Même ceux considérés habituellement comme sans danger, mais que le système de défense habituel ne sait plus reconnaître ou détruire. De plus, l'usage prolongé d'immunosuppresseurs augmente le risque de cancer.

Mais, parfois, le traitement n’empêche pas le rejet. C’est ce qui s’était produit avec la première greffe de ce patient parisien, qui vient de bénéficier d’une nouvelle greffe.

Réussir une greffe, c’est donc jouer un numéro d’équilibriste entre les effets bénéfiques et délétères des traitements antirejet. Le véritable exploit est là ; pas uniquement dans le geste hyper médiatisé du chirurgien.

Dernier obstacle de taille : trouver le donneur, et là, il semble que ce soit, en ce qui concerne le visage, une toute autre histoire.

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