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Surconsommation

Les antibiotiques, ça reste trop automatique

Par Benjamin Badache

Malgré les différentes campagnes publicitaires insistant sur le fait que la consommation d’antibiotiques doit diminuer, celle-ci continue à trop augmenter dans les villes françaises.

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Que faire pour qu’une prise de conscience commune apparaisse ? Et pourtant, les slogans ne manquent pas, tels que « les antibiotiques, c’est pas automatique » qui est connu partout, ou encore « les antibiotiques n’ont pas que du bon pour nous ». Mais malgré cela, les chiffres de l’année passée révèlent que la consommation française a augmenté. Un plan national d’alerte avait été adopté en 2011. Il prévoyait une baisse de 25 % de leur utilisation pour 2018 ; on sait déjà que ce score ne sera pas atteint. L’augmentation se perçoit essentiellement en ville où la consommation est en constante progression depuis maintenant 7 ans.

Après cinq années de baisse entre 2000 et 2005 et une stagnation pendant les cinq années suivantes, la prescription d’antibiotiques est repartie à la hausse (+5,6 % en ville entre 2011 et 2016 ; +1,3 % entre 2015 et 2016).

L’excès vous dessert

Deux fois sur trois, les médicaments sont utilisés en cas d’infections ORL ou des voies respiratoires basses. Cela se confirme lorsque l’on s’intéresse aux produits concernés : moins de macrolides et de céphalosporines, mais plus de pénicilline. En consommer en trop grande quantité ne pourra que vous affaiblir. En effet, les antibiotiques s’attaquent à certaines de nos « bonnes » bactéries, ce qui crée un déséquilibre déclenchant des pathologies. De même, ils peuvent rendre des bactéries nocives encore plus résistantes. Et certains, comme une équipe de chercheurs de l’Université du Minnesota, vont même jusqu’à montrer que des maladies chroniques telles que l’obésité, le diabète ou l’asthme pourraient provenir de la prise d’antibiotiques au cours de l’enfance.

La responsabilité demeure partagée : les professionnels de santé essaient de limiter la prescription d’antibiotiques, mais les malades ne coopèrent pas toujours : plusieurs études démontrent que la satisfaction des patients augmente quand ils reçoivent des antibiotiques, peu importe la pathologie.