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Loi santé

Mannequins : l’extrême maigreur désormais interdite

Deux textes, parus au Journal Officiel, imposent une mention sur les photos retouchées et une visite médicale aux mannequins.

Mannequins : l’extrême maigreur désormais interdite piotr_marcinski/epictura

  • Publié 05.05.2017 à 12h24
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Os saillants, chairs dégarnies, corps rachitiques… Dans le milieu du mannequinat français, ces images n’ont plus droit de cité. Deux textes publiés au Journal Officiel ce vendredi entérinent la loi santé et sa disposition visant à lutter contre l’extrême maigreur des top-modèles.

D’abord, pour éviter la prolifération d’un idéal biaisé de l’extrême maigreur au sein de la société, les photos de mannequins retouchées avant d'être publiées devront porter une mention obligatoire à compter du 1er octobre.

Silhouettes artificielles

Il sera ainsi « obligatoire d'accompagner les photographies à usage commercial de la mention "photographie retouchée" lorsque l'apparence corporelle des mannequins a été modifiée par un logiciel de traitement d'image, pour affiner ou épaissir leur silhouette », indique le ministère de la Santé dans un communiqué diffusé en même temps que les deux textes.

Cette obligation concerne les photographies « insérées dans des messages publicitaires » dans la presse, sur des affiches, sur internet ou encore dans les catalogues et prospectus, précise le décret.

Certificat médical obligatoire

Par ailleurs, les mannequins devront fournir un certificat médical pour exercer leur activité, établi après une visite médicale et délivré par la médecine du travail, « dans le cadre des visites d'information et de prévention ou des examens médicaux d'aptitude » prévus par le code du travail, précise l’arrêté publié ce vendredi au Journal officiel.

Valable deux ans, ce certificat attestera « que l'état de santé global de la personne (...), évalué notamment au regard de son indice de masse corporelle, lui permet l'exercice de l'activité de mannequin ». Cette mesure entre en vigueur dès samedi et s'applique aussi aux mannequins d'un autre pays de l'Espace Economique Européen lorsqu'ils exercent en France. 

« La profession a été associée à la rédaction de ces textes et donc informée en amont », précise le ministère. Initialement, le projet de loi prévoyait un IMC (indice de masse corporelle) minimal pour pouvoir exercer la profession de mannequin, mais il avait ensuite été modifié pour redonner sa place au médecin du travail et élargir l'examen à d'autres paramètres.

Idéaux "inaccessibles"

Ces nouvelles mesures, destinées à « prévenir les troubles du comportement alimentaire », notamment chez les jeunes, visent à « agir sur l'image du corps dans la société pour éviter la promotion d'idéaux de beauté inaccessibles et prévenir l'anorexie chez les jeunes », ainsi qu'à « protéger la santé d'une catégorie de la population particulièrement touchée par ce risque : les mannequins », explique encore le ministère.

Les troubles du comportement alimentaires touchent environ 600 000 jeunes en France (dont 40 000 anorexiques) et sont la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route.

Outre la France, l'Espagne, l'Italie, le Chili, la Belgique et Israël ont pris des dispositions pour lutter contre l'extrême maigreur des mannequins. En Angleterre, où de telles lois n'ont pas encore vu le jour, une étude a très récemment montré qu'en moyenne, les affiches publicitaires de mode féminine présentent des top-modèles en insuffisance pondérale sévère – ce qui n'est pas le cas des mannequins hommes qui posent pour des publicités de mode masculine. 

 

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