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QUESTION D'ACTU

Système de santé

Les médecins réservés sur l'ordonnance de Jean-Marc Ayrault

Annoncée hier par le premier Ministre, la stratégie nationale de santé ne suscite guère l'enthousiasme dans les rangs des syndicats de médecins. Leurs représentants attendent plutôt des actes.

Les médecins réservés sur l\'ordonnance de Jean-Marc Ayrault KROD/WPA/SIPA

  • Publié 09.02.2013 à 13h33
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Le comité des sages chargé de piloter la stratégie nationale de santé, présenté hier par le Premier ministre, devra proposer des « axes de déploiement  de cette stratégie d'ici fin mai. Il sera dirigé par Alain Cordier et comprend six membres (1). Mais avant même que le comité se mette au travail, les syndicats de médecins libéraux ont accueilli avec une certaine réserve les engagements du chef du gouvernement.

Si le président de la Csmf, le principal syndicat, a salué la volonté de dialogue de Jean-Marc Ayrault, il a mis en garde le gouvernement contre la tentation d’une d'une nouvelle loi hôpital, patients, santé et territoires (HPST) mis en œuvre en 2010. Cette loi soutenue par Roselyne Bachelot avait été précédée par des états généraux de l'organisation des soins.  Pour le Dr Michel Chassang,  ils avaient eu pour seule vertu « d'occuper les acteurs du monde de la santé, pendant que les services du ministère de la santé rédigeaient la loi HPST selon leur propre doctrine ». 
Le communiqué de la Csmf insiste également su la volonté exprimée de recentrer le l'hôpital sur son coeur de métier. Le Dr Chassang  souhaite qu’elle s’appuie sur  une régulation de l'accès aux urgences hospitalières, par le développement des alternatives à l'hospitalisation et l'accompagnement du retour à domicile après une hospitalisation.

Même tonalité de la part du syndicat des généralistes, MG France,  qui « estime à la lecture de cette présentation qu'il faut désormais que « l'allocation des ressources nécessaire à ce recentrage sur les soins primaires suive cette stratégie nationale de santé assortie du bon usage de l'hôpital ». Pour son président, le comité des sages doit confirmer « la place centrale du médecin traitant dans le parcours des soins ».

Enfin, la Fédération des médecins de France, elle, attendait autre chose qu'un « catalogue de bonnes intentions et de paroles creuses. Son président, le Dr Jean-Paul Hamon, estime que la nomination d'un nouveau comité Théodule et le calendrier étalé sur cinq ans voire 10 ans présente un caractère désespérant.

(1) Compostion du comité des sages

Alain Cordier, inspecteur général des finances, membre du collège la Haute autorité de santé (HAS) et ancien vice-président du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (HCAAM)
 Pr Geneviève Chêne, professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH), chef du pôle de santé publique du CHU de Bordeaux
Dr Gilles Duhamel, inspecteur général des affaires sociales (Igas), ancien conseiller technique pour le médicament dans les cabinets de Bernard Kouchner et Martine Aubry (1992-93 et 1997-2000)
 Dr Pierre De Haas, médecin généraliste, président de la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS), ancien vice-président de MG France
 Pr Emmanuel Hirsch, professeur des universités en éthique médicale, directeur de l'Espace éthique de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP)
Françoise Parisot Lavillonnière, directrice de l'Institut régional de formation sanitaire et social (IRFSS) Croix-Rouge à Tours
 Pr Dominique Perrotin, président de la conférence des doyens de faculté de médecine et doyen de la faculté de médecine de Tours.

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