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Etude de la Drees

Urgences : plus d'hospitalisations dans le public que le privé

Par Audrey Vaugrente

Les hôpitaux publics hospitalisent plus que le privé. Autre facteur d'influence : l'état de santé des patients. Les plus fragiles sont plus souvent maintenus dans un service.

jedgcomb/epictura

Un passage aux urgences sur cinq se solde par une hospitalisation. Mais cette moyenne cache de forts déséquilibres entre les différents types d’établissement. Ainsi, le secteur public hospitalise davantage que le privé. C’est ce que révèle une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée ce 28 février. Par rapport à un centre hospitalier, la probabilité d’admission dans les services d’établissements privés lucratifs est réduite de 30 %.

Les symptômes en première ligne

Ce décalage s’explique sans doute par les « différences entre la patientèle des établissements publics et celle des établissements privés, tant d’un point de vue médical ou social que du choix de recourir aux urgences », explique la Drees. Les auteurs de cette étude suggèrent également que, dans le privé, l’accès se fait plutôt directement dans un service particulier.

De fait, d’autres facteurs influencent plus fortement le risque d’hospitalisation, à commencer par l’état de santé du patient. Fièvre, intoxication, motif psychiatrique : voilà quelles affections favorisent le passage dans un service pour la nuit. Ainsi, trois quarts des patients qui se plaignent de faiblesse d’un membre sont gardés en observation. Il s’agit d’un « symptôme pouvant évoquer un accident vasculaire cérébral », explique la Drees.

De même, deux tiers des personnes qui souffrent de difficultés respiratoires passent la nuit dans un service hospitalier. A l’inverse, les traumatismes ou encore les symptômes ORL sont moins sujets à hospitalisation.

Des patients fragiles

C’est bien la fragilité du patient qui entre en ligne de compte dans la décision de mener le dossier vers un autre service : ces transferts sont plus fréquents chez les personnes amenées aux urgences par le SAMU, mais aussi chez les patients âgés. 50 % des plus de 75 ans ne rentrent pas chez eux dans l’immédiat. Les personnes hospitalisées en institution sont aussi davantage hospitalisées, sans doute car il s’agit d’un facteur de fragilité.

Mais un autre facteur pèse lourd dans le choix des urgentistes : la distance vis-à-vis du domicile. « Les médecins prennent en compte, à état de santé donné, les risques inhérents à un plus long déplacement entre le domicile et les urgences et préfèrent garder le patient à l’hôpital », précisent les auteurs de l’étude. Les situations qui offrent peu d’alternatives à l’hospitalisation mènent alors plus souvent à un maintien à l’hôpital. C’est le cas des personnes qui vivent seules ou des étrangers de passage.