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Projet de budget rectificatif

Autotests VIH : une TVA réduite à 5,5 % pour 2017

Par Julian Prial

Les autotests VIH vont bénéficier en 2017 d'une TVA réduite à 5,5 %, selon un amendement voté dans le projet de budget rectificatif. Une baisse de prix est souhaitée par les députés. 

Société AAZ

Dans un communiqué récent, le fabricant (AAZ) et le distributeur (Mylan) du premier autotest de dépistage du VIH ont indiqué qu'en un an près de 140 000 de ces dispositifs ont été vendus par plus de 11 200 pharmacies. Cela fait près de 2 000 autotests qui y sont achetés en moyenne chaque semaine. Des chiffres encourageants mais qui pourraient bientôt être dépassés.

Les autotests de dépistage du sida vont en effet bénéficier pendant l'année 2017 d'une TVA à 5,5 %, un taux réduit principalement réservé aux produits de première nécessité, pour les rendre plus accessibles. C'est un amendement Front de Gauche voté ce mercredi dans le projet de budget rectificatif qui va le permettre.

De 30 000 à 50 000 séropositifs en France 

Dans la lutte contre le VIH, « les choses avancent dans notre pays mais aucune tranquillité n'est de mise dans ce combat quotidien contre les dénis » et il y a « urgence » à renforcer la prévention, a plaidé auprès de l'Agence France Presse (AFP )la députée PCF de Seine-Saint-Denis Marie-George Buffet. 

De 30 000 à 50 000 personnes seraient séropositives en France sans le savoir et entraîneraient 60 % des nouvelles contaminations. Pour faire face à cette situation, les autotests VIH sont vendus en pharmacie pour un coût unitaire de l'ordre de 30 euros, non remboursés par la Sécurité sociale. « Ils se développent, et c'est une bonne chose en termes de prévention. L'avancée est importante (...) mais le prix est trop élevé, les usagers, les professionnels de santé, les associations le reconnaissent », a fait valoir Mme Buffet. Les militants d'AIDES ont en effet toujours dénoncé le prix comme « un frein » à sa diffusion auprès d’un plus grand nombre de personnes.

 

L'autotest VIH bientôt à 25 euros ? 

Ainsi, si elle a exprimé un avis favorable à la baisse de TVA, le rapporteur général du budget, Valérie Rabault (PS) a appelé à « la vigilance  les députés pour vérifier que les prix de vente baissent effectivement à 25 euros. Pour le budget de l'Etat, le manque à gagner serait tout de même d'un million d'euros, selon l'estimation qu'elle a communiquée.

Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, est, lui, dubitatif sur la baisse de prix espérée. Il s'est dit auprès de l'AFP « à peu près persuadé que cela ne se répercutera pas dans les prix » du « seul fabricant » d'autotests, vu l'exemple de baisse de TVA pour les protections féminines « entièrement prise dans les marges ».

Marisol Touraine absente du débat sur le prix

Il a, c'est vrai, précisé que « la baisse de prix n'a pas eu lieu » pour les protections hygiéniques féminines et que la réduction de la TVA s'est traduite par « plus de bénéfices pour les grandes surfaces ». Le rapporteur général a alors proposé de limiter la baisse de TVA à 2017, pour faire ensuite « un bilan sur l'impact ». Ce qu'a accepté Marie-George Buffet.

De son côté, Marisol Touraine a estimé que « les ventes montrent que le coût n'est pas un obstacle majeur ». « Des autotests gratuits sont également proposés via certaines associations » a-t-elle rappelé.