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Vaccination : le double langage des généralistes

Par Philippe Berrebi

Pourquoi les généralistes ne recommandent-ils pas systématiquement les vaccinations pédiatriques aux familles alors qu’ils immunisent leurs enfants ? « C’est à eux de convaincre leurs patients de se faire vacciner, pour se protéger eux-mêmes comme pour protéger leur entourage », rappelle Soline Roy dans Le Figaro.
Pour tenter d’expliquer ce paradoxe, des chercheurs de l’université de Lorraine et de l’Inserm ont interrogé 1 582 médecins, dont 1 038 avaient un enfant âgé de 2 à 25 ans. Les résultats publiés dans Clinical Microbiology and Infection sont édifiants.

Une grande majorité de ces professionnels avaient vacciné leurs enfants contre le ROR (97 %), l’hépatite B (77,7 %), le méningocoque C (60,2 %). « Mais les auteurs ont découvert que 60 % d’entre eux l’avaient fait… et ne le recommandaient pourtant pas systématiquement à leurs patients », poursuit la journaliste. Pour l’hépatite B, par exemple, un généraliste sur quatre en parlait de manière systématique aux ados.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce double langage. D’abord, les praticiens sont de plus en plus confrontés à la réticence des assurés sur la vaccination. Pas fiables, dangereux, inefficaces, les critiques se multiplient, laissant souvent la profession dans l’incapacité de répondre à toutes les objections.
Il arrive aussi que les médecins ne soient pas toujours convaincus par des vaccins récemment mis sur le marché. Enfin, l’absence d’une consultation dédiée à la vaccination et un calendrier vaccinal chargé peuvent expliquer ces manquements.

Alors, comment convaincre sans contraindre ? Peut-être en rappelant, comme le fait le quotidien, que 2 à 3 millions de personnes sont sauvées dans le monde tous les ans, grâce à la vaccination, presque autant de morts (1,5 million) pourraient être évitées en améliorant la couverture vaccinale.