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Exposition in utero

Pollution : les nanoparticules du diesel passent la barrière placentaire

Une étude menée chez l'animal conclut que l'exposition in utero à la pollution atmosphérique peut avoir des conséquences sur la descendance, sur deux générations.

Pollution : les nanoparticules du diesel passent la barrière placentaire alexandragl/epictura

  • Publié 02.08.2016 à 11h31
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L’exposition chronique à des gaz d’échappement de moteur diesel a des lourdes conséquences pour les fœtus, et ce sur plusieurs générations. Une étude menée chez le lapin par des chercheurs de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et parue dans Particle and Fibre Toxicology révèle, en effet, que cette pollution provoque des anomalies de croissance et de métabolisme chez le fœtus sur 2 générations.

De précédents travaux dirigés par une équipe Inserm de Grenoble ont montré que les femmes enceintes exposées à la pollution atmosphérique, notamment aux particules fines, ont plus de risques de donner naissances à des bébés de faible poids. A l’âge adulte, ces enfants souffrent plus que les autres de troubles cardiovasculaires. Des conclusions inquiétantes alors que les pics de pollutions se multiplient.

Bien que ces études épidémiologiques aient suggéré un lien entre la pollution et le retard de croissance chez le fœtus, elles n’ont pas pu expliquer comment les particules fines affectent le développement embryonnaire et fœtal. C’est justement l’objectif du projet de recherche « Effets de la Pollution Atmosphérique sur la fonction Placentaire et le développement Post-natal » coordonné par l’Inra.


Retard de croissance

Les chercheurs ont étudié l’effet des particules fines et des gaz nocifs, tels que le monoxyde de carbone et les oxydes d’azote, chez des lapines gestantes, un modèle beaucoup plus proche de l’homme que la souris. Les cobayes ont inhalé « des gaz d’échappement de moteur diesel filtrés (contenant seulement les particules ultrafines ou nanoparticules, comme pour les moteurs de voitures diesel) à des niveaux proches de l'exposition journalière de la population lors d'un pic de pollution aux particules fines dans les grandes villes européennes », explique l’Inra.

A la moitié de la gestation, l’échographie a révélé une forte diminution de l’apport sanguin au placenta, réduisant l’apport de nutriments au fœtus ainsi que des signes de retard de croissance fœtale. Des anomalies confirmées à la naissance : les lapereaux ont présenté des têtes plus petites que la normale et un tour de taille réduit.


Les nanoparticules traversent la barrière placentaire

En outre l’analyse du placenta en microscopie électronique met en évidence la présence de nanoparticules provenant des gaz inhalés par les lapines. Celles-ci ont également été retrouvées dans le sang du fœtus. C’est la première fois que des scientifiques montrent que des nanoparticules de diesel inhalées sont capables de traverser la barrière placentaire et d’atteindre le fœtus.

La suite des travaux avec les lapins nés de mères exposées et accouplés avec des mâles n’ayant pas été exposés à cette pollution suggèrent que les effets persistent sur au moins 2 générations. Les lapereaux n’ont pas présenté de retard de croissance mais des anomalies d’échanges de lipides entre la mère et le fœtus ont été observées par les chercheurs. Ceci montrerait, selon eux, l’effet de l’exposition à la pollution à la 2ème génération.

Pour les scientifiques, ces travaux chez l’animal suggèrent que les femmes enceintes devraient prendre des précautions lors des pics de pollution. Elles seraient aussi vulnérables que les enfants ou les personnes âgées.

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