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Ostéoporose : plus grave chez les hommes

ENTRETIEN. L'ostéoporose est moins importante chez les hommes mais elle est potentiellement plus grave, rappelle le Pr Bernard Cortet à l'occasion de la Journée Mondiale.

Ostéoporose : plus grave chez les hommes Jens Meyer/AP/SIPA

  • Publié 21.10.2015 à 10h47
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L'ostéoporose fragilise les os pouvant conduire à des fractures parfois mortelles. Si la maladie touche principalement les femmes, les hommes sont aussi concernés. Le taux de décès est même plus important suite à une fracture chez les patients masculins.
Entretien avec le Pr Bernard Cortet, président du GRIO, le Groupement de recherche et d'information sur les ostéoporoses. 

 

 

Combien d'hommes souffent d'ostéoporose?

L'ostéoporose est avant tout une maladie féminine, mais en termes statistiques, la maladie chez l'homme n'est pas négligeable. Chez les plus de 50 ans, elle concernerait 15 % des hommes, contre 40 % de femmes.

Mais, autre élément important, le taux de mortalité à la suite d'une fracture est supérieur chez les hommes que chez les femmes. On peut donc dire que la prévalence de l'ostéoporose est moins importante chez les patients masculins, mais que la maladie est potentiellement plus grave. 

 

Ecoutez...
Dr Bernard Cortet, président du GRIO

 

Quels sont les facteurs de risque spécifiques aux hommes ?

On admet que l'alcool est un facteur de risque majeur, tellement important qu'il constitue presque une étiologie à part entière. Le tabagisme, plus souvent présent chez les hommes, est délétère pour les os et augmente le risque de facture, par deux.

Chez lez hommes, l'hypogonadisme, c'est-à-dire la diminution de sécrétion de testostérone, peut causer une fragilité osseuse. Les hommes atteints d'un cancer de la prostate se voient parfois prescrire des traitements qui diminuent cette sécrétion, pour éviter de trop stimuler la prostate. Mais à mon sens, le risque d'ostéoporose n'est pas bien pris en charge chez ces personnes.

De même, la bronchopathie chronique obstructive (BPCO), augmente le risque d'hypogonadisme et de fragilité osseuse. Or, la communication n'est pas toujours optimale entre les pneumologues et les rhumatologues.

 

La prise en charge de ces patients est-elle difficile ?

Chez la femme, il y a le réflexe de regarder le lien fracture par fragilité osseuse et possibilité d'ostéroporos. Mais cette association n'est pas toujours faite dans la population masculine, ce qui pose des problèmes pour la prise en charge. Il faut développer ce réflexe chez les médecins et les patients présentant des facteurs de risque.

En termes de diagnostic, les outils pour les médecins sont similaires pour tester un patient, homme ou femme. On sait que la densitométrie, qui permet de mesurer la densité de la masse osseuse, est un outil efficace dans les deux cas. Sa capacité de prédire de prédire une fracture future chez une personne qui n'en a pas encore subi est à peu près la même dans la population féminine que dans la population masculine.
Néanmoins, il existe aussi des différences dans le diagnostic. Beaucoup de données montrent qu'il faut procéder chez les hommes atteints d'ostéoporose à un bilan étiologique assez large, les interroger et les examiner, mais aussi effectuer un bilan sanguin assez poussé.

Il s'agit en effet d'identifier s'il existe une maladie qui pourrait être à l'origine de la fragilité osseuse et qui n'entraîne pas toujours de symptômes particuliers.

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