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ECC 2015

Cancer du rein : avancées majeures avec 2 molécules

Les cancers avancés du rein sont difficiles à traiter. Deux essais cliniques, présentés au Congrès européen de cancérologie, apportent des résultats prometteurs pour une meilleure prise en charge des patients.

Cancer du rein : avancées majeures avec 2 molécules Carcinome rénal à cellules claires Crédit : Association française d'urologie

  • Publié 26.09.2015 à 17h22
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Nivolumab et cabozantinib : deux noms complexes qui pourraient être synonymes d'un grand pas dans le traitement des patients atteints d'un cancer avancé du rein. Ces molécules, évaluées dans deux essais cliniques indépendants, ont eu les honneurs de l'ouverture du Congrès européen de cancérologie (ECC), qui se tient du 26 au 29 septembre à Vienne (Autriche). Les résultats, publiés simultanément ce samedi dans le New England Journal of Medicine, démontrent pour les deux molécules une efficacité meilleure que le traitement standard actuel.

 

Un tiers de diagnostics tardifs

Le cancer du rein est peu connu du grand public, et pourtant, il touche près de 340 000 personnes dans le monde chaque année, dont plus de 11 000 en France. Détecté tôt, il se soigne plutôt bien : la survie à 5 ans atteint les 80 %. Malheureusement, dans un tiers des cas, le diagnostic est posé à un stade avancé, quand des métastases sont déjà présentes. Dans ce cas, les échecs de traitement sont nombreux, menaçant sérieusement la survie des patients.

Ce sont justement chez des patients en échec de traitement que le nivolumab et le cabozantinib ont été testés, dans l'essai Checkmate 025 pour le premier et l'essai METEOR pour le second. Chaque protocole visait à comparer l'efficacité de ces deux molécules et celle du traitement standard, l'évérolimus.

Anticorps anti-PD1

Après des résultats très remarqués au congrès de l'ASCO, dans le traitement du cancer du poumon et du mélanome, le nivolumab a de nouveau créé l'évènement. Les résultats présentés par Padmanee Sharma, directrice de la plateforme d'immunothérapie du MD Anderson Cancer Center (Etats-Unis), indique une amélioration significative du taux de survie globale, 25 mois contre 19 avec l'évérolimus.
Une efficacité qui a d'ailleurs amené les investigateurs à stopper l'essai clinique plus tôt que prévu, afin de proposer ax patients recevant le traitement standard de passer sous nivolumab.

Cet anticorps anti PD1 présente l'avantage d'engendrer moins d'effets secondaires que le traitement classique. Par ailleurs, 25 % des patients ont répondu à l'immunothérapie, un taux de réponse qui peut sembler bas, mais ils n'étaient que 5 % à répondre à l'évérolimus. Enfin, les effets secondaires rapportés par les patients sont moins fréquents avec le nivolumab.

Padmanee Sharma l'a souligné, les anti-PD1 n'agissent pas sur la tumeur mais permettent directement au système immunitaire de mieux combattre les cellules cancéreuses. « Les bénéfices de survie sont observés pour l'instant avec un recul de 14 mois, mais nous allons continuer de suivre ces patients, et nous espérons qu'il y aura des effets à bien plus long terme », a commenté la scientifique. De précédents travaux menés dans d'autres types de cancers avaient en effet montré des effets durables du traitement, même après l'arrêt de celui-ci.

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Phase II encourageante

L'essai METEOR est, lui, un peu moins avancé, et toutes les données n'ont pas encore été recueillies. Le Pr Toni Choueiri, professeur associé à la Harvard Medical School, n'a donc présenté qu'une première série de résultats, cependant très prometteuse. La « survie sans progression » des patients est améliorée avec le cabozantinib, en comparaison du traitement standard. « L'évaluation finale de la survie globale ne pourra être faite qu'avec un suivi plus long des patients, a précisé Toni Choueiri. Mais globalement, ces résultats doivent donner un nouvel espoir aux patients diagnostiqués avec un cancer du rein avancé, le cabozantinib pourrait devenir une nouvelle option thérapeutique. »

Le prix en ligne de mire


Padmanee Sharma et Toni Choueiri se sont félicités des avancées de leurs laboratoires respectifs dans la lutte contre le carcinome rénal dit « à cellules claires », le Pr Choueiri n'hésitant pas à parler d'un « véritable jour de fête pour les patients ». Le Pr Martine Piccart, oncologue belge de renommée internationale qui présidait la présentation de ces résultats à la presse, après avoir salué l'avancée majeure que constituent ces travaux, n'a pas hésité à mettre sur le tapis le sujet qui fâche : celui du prix.
« Les immunothérapies coûtent environ 10 000 dollars par mois. Nous sommes aujourd'hui face à des coûts de traitement qui n'avaient jamais été vus. Les dernières données européennes (présentées également ce samedi à l'ECC - NDLR) montrent des écarts importants de prise en charge des patients entre les pays d'Europe. Certains ne pourront pas se payer ces traitements, et peut-être qu'à l'intérieur même des pays, des inégalités se développeront, certains patients pourront accéder à ces thérapies, d'autres pas ».
Un constat pessimiste, partagé par de nombreux oncologues. Lors du dernier congrès de l'Association américaine d'oncologie clinique, plusieurs avaient abordé le sujet lors de présentations plénières. Leonard Saltz, chef du service d'oncologie gastro-intestinale au Centre anti-cancer Memorial Sloan Kettering (New-York), avait fait un calcul : le prix du gramme d'ipilimumab (autre molécule d'immunothérapie) est aujourd'hui « 4 000 fois celui de l'or ». Edifiant !

 

 

 

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