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QUESTION D'ACTU

En amont des soins

Les maisons des ados ouvertes au mal-être

Tous ne sont pas malades mais ils ont en commun un mal-être. Les maisons des ados permettent à ces jeunes de partager leur problème. Cette médecine dédiée fait le lien avec d'autre structures. 

Les maisons des ados ouvertes au mal-être DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 13.08.2012 à 06h00
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L’idée d’aller voir un psychologue déplaisait à Solène. Cette bachelière de 18 ans souffrait de crises d’angoisse qui la déstabilisaient beaucoup et avait besoin d’un avis extérieur. C’est ainsi qu’elle a poussé pour la première fois les portes de l’Adosphère, une Maison pour adolescents (MDA) située à Dijon. C’était pourtant « sans grande conviction ». Mais elle a tout de suite compris que le choix était le bon. « La maison est très accueillante, l’ambiance est super jeune et dynamique. La première fois, on ne m’a pas posé de questions [sur les raisons de sa venue], mais on m’a demandé si je voulais boire quelque chose », raconte-t-elle. C’est le « climat de confiance » qui a tout changé pour elle. « Le médecin s’est adapté à mon emploi du temps. C’était vraiment de l’écoute », poursuit-elle. La jeune fille a réglé son problème de crises d’angoisse et se prépare à faire une école d’orthophoniste.
Solène a connu cette MDA par l’intermédiaire d’une collègue de sa maman, qui leur a parlé de la structure. Seuls ou accompagnés, les adolescents sont libres de se rendre à l’Adosphère quand ils en ont envie. « Nous avons tous les profils, détaille le Dr Elsa Massabie, pédiatre et médecin pour adolescents, médecin coordonnateur à l’Adosphère de Dijon. Ce ne sont pas uniquement des adolescents qui vont mal, ils ne viennent pas tous avec un problème d’ordre médical ou psychiatrique. Mais ils ont en commun une sensation de mal-être, un questionnement, quelque chose qui leur pose problème. »

L’idée de traiter les patients par tranche d’âge plutôt que par pathologie n’a pourtant pas toujours fait école et est loin d’être généralisée, comme l’explique le Pr Marcel Rufo. Le pédopsychiatre avait notamment dirigé la Maison de Solenn, une MDA parisienne, à son ouverture.

Écoutez le Pr Marcel Rufo, pédopsychiatre : « Ce qui compte, c’est d’abord que le patient soit adolescent ».

 

La France compte aujourd’hui environ 90 MDA reflet d’une médecine dédiée aux adolescents qui prend aujourd’hui de l’essor. Les MDA se situent en amont des soins. Elles permettent de faire le lien avec d’autres structures, un centre social ou un Espace jeunes par exemple. Les jeunes qui y passent n’ont pas forcément besoin de rentrer par la suite dans une structure de soins, mais l’accès peut naturellement être facilité. « Nous n’attendons pas que le jeune soit dans la demande, nous lui donnons envie de revenir. Et ça fonctionne », relate le Dr Massabie.
De plus en plus de jeunes viennent par le bouche à oreille, accompagnés d’un autre jeune. « La structure répond à la demande », constate le Dr Massabie. À la Maison de Solenn, près de 70% des consultations étaient spontanées, d’après le Pr Rufo.

Pour ce pédopsychiatre, « le succès des maisons des adolescents est évident, mais ça ne suffit pas lorsqu’il faut hospitaliser ». C’est ainsi que fin juin, l’Espace méditerranéen de l’adolescence (EMA) a été inauguré à Marseille, impulsé par le Pr Marcel Rufo. Derrière ce nom se cache en fait le premier hôpital prenant en charge exclusivement les adolescents. Cette ouverture s’inscrit dans la lignée de la mise en place de MDA. Si l’EMA connait le même succès que les MDA, il pourra alors peut-être impulser d’autres hôpitaux sur le même modèle.

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