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Complémentaires santé

Téléconsultations AXA : l'Ordre demande des comptes à Marisol Touraine

Axa proposera dès juin à ses assurés une téléconsultation médicale disponible 24h/24, 7 jours sur 7. L’Ordre des médecins regarde d'un oeil inquiet cet évitement de l'Assurance maladie.  

Téléconsultations AXA : l'Ordre demande des comptes à Marisol Touraine SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

  • Publié 15.05.2015 à 19h09
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A partir du 1er janvier 2016, « tous les employeurs du secteur privé devront proposer à leurs salariés au moins un contrat de complémentaire santé ». Dans cette bataille pour séduire les entreprises et conquérir des adhérents, l’assureur AXA va proposer dès le moins de juin un service de téléconsultation médicale gratuit disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Contre cinquante centimes d'euros par an, les 2,2 millions d’adhérents aux contrats de santé du groupe bénéficieront de ce service.

 

Des ordonnances télétransmises au médecin traitant

Une équipe de 29 médecins urgentistes salariés formés à la télémédecine, tous installés à Issy-les-Moulineaux dans les locaux d'Axa Assistance, se relaieront nuit et jour pour répondre aux appels des adhérents.
Comme l’explique Le Parisien, le service proposé s’étend du diagnostic aux examens complémentaires en passant par l’ordonnance télétransmise au médecin traitant et à la pharmacie. Pas de consultations psychologiques cependant, ni de délivrance d’arrêt de travail ou de renouvellement d’ordonnance, a précisé cependant au quotidien le concepteur du projet, le Dr Philippe Presles.

 

L’Ordre des médecins réagit sur Twitter

Cette offre préparée depuis trois ans a pu voir le jour grâce au décret sur la télémédecine paru en 2010. Aujourd’hui, l’assureur a obtenu les feux verts de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), et de l’Agence régionale de santé (ARS). Axa n’obtiendra cependant pas l'assentiment de l’Ordre des médecins qui s’inquiète de ce projet.
Dans un tweet posté il y a quelques jours, le CNOM (1) s’interroge en effet sur l'ouverture de téléconsultations par un assureur privé.« Marque-t-elle un retrait de la Sécurité sociale » du domaine de la santé, s'interroge l'institution.

 

La crainte d’un double circuit

Dans une note d'analyse du 12 mai 2015, l’Ordre des médecins précise ses interogations : « Dès lors que l’assureur ne pourra pas contrôler l’indisponibilité physique ou téléphonique du médecin traitant et, qu’en tout état de cause, le médecin traitant n’est pas nécessairement disponible quand le patient aimerait qu’il le soit, n’est-on pas en train de créer en marge du médecin traitant et du parcours de soins, financé par l’assurance maladie obligatoire, un système qui va le doublonner et sera pris en charge uniquement par l’assurance maladie complémentaire ? »
Autre question posée par le CNOM : « Est-il normal que la téléconsultation du médecin salarié de l’assureur soit prise en charge financièrement par l’assureur complémentaire alors qu’une téléconsultation du médecin traitant n’est pas prise en charge ni par l’assurance maladie obligatoire ni par l’assurance maladie complémentaire ? »

 

La ministre de la Santé saisie de l’affaire

Par ailleurs, l'Ordre des médecins s’inquiète aussi de savoir si cette offre « ouverte 7jours/7 et 24heures/24 n’interfère pas directement avec la mission de service public de la Permanence Des Soins Ambulatoires, service sous la gouvernance du ministère de la Santé au travers des ARS (2) et qui est ouvert à tous les citoyens par la régulation des appels via le centre 15 ou les centres interconnectés. »
A toute ces questions, le Conseil national de l’Ordre des médecins attend les réponses du Ministère de la Santé. Un courrier à cet effet lui a été adressé le 19 mars 2015, toujours sans réponse à ce jour.  

 

(1) Conseil National de l’Ordre des Médecins

(2) Agences Régionales de Santé

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