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Synthèse

Comment la pollution fragilise notre organisme

Par Antoine Bonvoisin

Affections neurologiques, cognitives, allergies, sensibilité à la grippe, plusieurs études récentes mettent en exergue les nombreux effets possibles de la pollution atmosphérique sur la santé.

Une série d’études récentes détaille un ensemble de pathologies sur lesquelles la pollution aurait une influence. Les avancées récentes de la recherche permettent d’identifier précisément quelles parties des polluants peuvent être impliquées dans telle ou telle maladie.

 

Défenses immunitaires perturbées

Certains radicaux libres, appelés EPFRs, qui sont produits par les voitures, les usines, les incinérateurs de déchets, les feux de bois, et les cigarettes, pourraient notamment interférer dans la réponse du système immunitaire au virus de la grippe. Une étude menée chez des souris exposées aux EPFRs, et infectées par le virus grippal, a ainsi montré que la mortalité des rongeurs augmentait de 20 %. Au lieu de lutter contre la maladie, leur organisme déclenchait un mécanisme anti-inflammatoire qui désactivait leurs défenses contre l'infection.

 

Les chercheurs ont également constaté que les EPFRs causent un stress oxydant, c’est-à-dire un déséquilibre entre la production de radicaux libres et la capacité de l'organisme à neutraliser leurs effets nocifs.

 

Aggravation des allergies

Une seconde étude, également publiée en mars par des chercheurs allemands du Max Planck Institute for Chemistry, a montré que des polluants issus de la pollution routière pouvaient entraîner des allergies plus sévères. Ils ont ainsi mis en évidence que l'ozone et le dioxyde d'azote modifient la façon dont les protéines du pollen se lient entre elles, engendrant des réactions allergiques plus fortes.

 

Troubles neurologiques et cognitifs

C’est enfin le cerveau qui pourrait être affecté. Dans une étude américaine menée chez 40 enfants, un lien a ainsi été mis en évidence entre des polluants et des troubles cognitifs et comportementaux. L’exposition des enfants avant la naissance aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), que l’on trouve notamment dans les émissions des véhicules à moteur, les combustions du charbon, les incendies de forêt et le brûlage agricole, était liée à des déficits mentaux. Les enfants montraient ainsi des retards de développement neurologique à l’âge de 3 ans, un déficit du quotient intellectuel verbal à 5 ans, et des symptômes d’anxiété et de dépression à 7 ans.

 

Ces enfants présentaient également une perte de surface de matière blanche, une observation corrélée avec un traitement plus lent des informations et de graves problèmes de comportement, y compris le TDAH et l'agressivité.
L'exposition postnatale aux HAP semble également contribuer à des perturbations dans le développement de la matière blanche, dans une zone du cerveau associée à la concentration, au raisonnement, au jugement, et à la capacité de résolution de problèmes.

 

Ces études, rapportées par le Guardian, ont été menées soit en laboratoire, soit sur des modèles animaux, soit auprès d’un nombre réduit d’individus. Leurs conclusions doivent donc être confirmées, mais elles montrent que les conséquences de la pollution atmosphérique sur la santé pourraient être bien plus large que ce que l'on imaginait.