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Psychologie

Congé paternité : une aubaine pour la santé mentale des pères ?

Les pères s’absentant plus longtemps du travail pour être présents auprès de leur nouveau-né sont moins susceptibles de souffrir de dépression.

Congé paternité : une aubaine pour la santé mentale des pères ? Halfpoint/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les pères qui prennent un congé parental plus long présentent moins de symptômes dépressifs.
  • Les meilleurs résultats en matière de santé mentale ont été observés chez ceux ayant pris entre 14 et 40 semaines de congé.
  • Selon les chercheurs, le fait de passer plus temps avec son enfant favorise la création d’un lien plus fort entre le père et son bébé.

Le secret du bien-être des nouveaux pères se cacherait-il dans le congé parental ? C’est ce que montre une récente étude publiée dans la revue American Journal of Public Health. Dans le cadre de celle-ci, des chercheurs de l'Institut Karolinska (Suède) ont examiné si la durée du congé parental est associée à la dépression chez les pères.

Un congé de naissance en plus du congé paternité existant

Pour rappel, le congé paternité en France est d'une durée maximale de 25 jours (samedi, dimanche et jour férié compris) pour la naissance d'un enfant et de 32 jours pour une naissance multiple. Il est possible de le prendre en une seule fois ou en plusieurs fois. De plus, les pères peuvent désormais bénéficier d’un congé supplémentaire de naissance, entré en vigueur le 1er juillet 2026. Ce congé d’une durée d’un à deux mois (indemnisé à chaque parent) doit être pris dans un délai maximal de neuf mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant (adopté) dans le foyer. "Les parents peuvent le prendre en même temps ou en alternance, et le fractionner s’ils le souhaitent en deux périodes d’un mois. Il s'agit d'un droit individuel et personnel, non transférable d'un parent à l'autre. Chaque parent dispose de son propre droit", précise le gouvernement.

Un congé paternité plus long associé à un risque moindre de dépression

Lors des travaux, les scientifiques suédois ont suivi 746 pères d’enfants, âgés de 0 à 24 mois, pendant 18 mois. Les participants ont répondu à des questions sur leurs symptômes dépressifs au début de l’intervention, puis à nouveau durant le suivi, lorsque leurs enfants avaient environ 27 mois. Des informations sur le congé parental des pères ont été recueillies lors de ce second suivi. En outre, l’équipe a pris en compte la présence d’une dépression initiale, le congé maternel, les facteurs sociodémographiques, la coparentalité, le lien d’attachement et l’implication des parents dans les soins de santé de l’enfant. Selon les résultats, les pères prenant un congé parental de 14 à 40 semaines présentaient un risque de dépression plus faible que ceux prenant un congé de 0 à 4 semaines. Aucun bénéfice significatif n'a été observé pour les congés de 5 à 13 semaines ou de 41 semaines et plus.

Un lien plus fort entre le père et l'enfant

D’après les auteurs, le fait de passer beaucoup de temps à la maison aide les pères à tisser des liens plus étroits avec leur enfant, à se sentir plus à l'aise dans leur rôle parental et à mettre en place des routines quotidiennes, ce qui pourrait, en retour, réduire le risque d'apparition de symptômes dépressifs. Ces effets positifs sont mis en avant par Loïc, qui est devenu pour la première fois papa d’un petit garçon, Léon, en 2022. "Après l’accouchement, je me sentais un peu à part car ma compagne allaitait et avait naturellement, dès le départ, une relation plus forte avec Léon. J’avais peur de ne pas être proche de lui ou de ne pas avoir ma place. Mais en passant du temps avec lui, on rigolait de plus en plus et il me faisait davantage de câlins. Ce congé paternité m’a permis de tisser un lien fort et d’être complice avec mon fils", confie le Lyonnais qui a pu s’occuper de son enfant pendant "presque un mois et trois semaines."

Le jeune papa souligne également que cette pause a été bénéfique pour son couple. "On se répartissait les tâches ménagères, ce qui a réduit certaines tensions et a permis à ma compagne de se reposer et de se remettre de l’accouchement", qui a dû, par la suite, retourner au travail. "Léon me manque ! J’avais pris l’habitude d’être tout le temps avec lui. Quand je rentre à la maison le soir, j’ai l’impression d’avoir raté plein de choses, car en quelques heures il évolue beaucoup."

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