- Une vaste étude sud-coréenne s'est penchée sur les effets du vapotage après le sevrage tabagique.
- Les résultats montrent un risque accru de cancer du poumon chez les anciens fumeurs qui vapotent.
- L'arrêt complet du tabac reste l'option la plus bénéfique pour les poumons.
Souvent présentée comme une alternative moins nocive au tabac, la cigarette électronique pourrait-elle freiner les bénéfices de l'arrêt du tabac ? Une vaste étude sud-coréenne publiée dans Nature Medicine apporte de nouveaux éléments de réponse. Selon ses résultats, les anciens fumeurs qui se tournent vers le vapotage présentent un risque plus élevé de cancer du poumon que ceux qui abandonnent totalement nicotine et cigarettes.
Un risque de cancer plus élevé chez les vapoteurs
Pour parvenir à cette conclusion, des chercheurs ont analysé les données de plus de 4,5 millions d’adultes participant au programme national de dépistage sanitaire de Corée du Sud, sur la période 2012-2023. Les scientifiques ont comparé plusieurs groupes : les fumeurs actuels, les anciens fumeurs ayant totalement arrêté et ceux ayant remplacé le tabac par la cigarette électronique. Leur objectif : évaluer le risque de développer un cancer du poumon ou d'en mourir.
Verdict : sans surprise, l'arrêt complet du tabac reste la stratégie la plus protectrice. Selon un communiqué, les anciens fumeurs devenus vapoteurs présentent un risque de cancer du poumon supérieur de 56 % à celui des personnes ayant cessé toute consommation de cigarettes. Ces ex-fumeurs passés à la cigarette électronique sont deux fois plus susceptibles de mourir d'un cancer du poumon que ceux qui ont totalement arrêté. Chez les personnes considérées à haut risque, âgées de 50 à 80 ans, le vapotage après l'arrêt du tabac est même associé à un risque accru de 91 % de développer un cancer du poumon et de 92 % d'en mourir.
Ces résultats ne permettent pas de prouver que la cigarette électronique provoque directement le cancer, nuancent les chercheurs. Elles mettent toutefois en évidence une association qui mérite d'être explorée par de futurs travaux.

Des substances loin d'être inoffensives
Comment expliquer ce lien entre vapotage et risque de cancer ? Si les cigarettes électroniques ne brûlent pas de tabac (pas de combustion), elles ne sont pas pour autant dépourvues de composés potentiellement dangereux. Les auteurs rappellent ainsi qu'elles peuvent contenir des substances cancérogènes comme le formaldéhyde ainsi que des métaux toxiques tels que le plomb, le nickel ou le chrome.
Ces résultats confirment surtout un message déjà bien établi : plus l'abstinence tabagique est longue, plus le risque de cancer du poumon diminue. Si la cigarette électronique semble certes moins nocive que le maintien du tabagisme, elle ne procurerait pas les mêmes bénéfices qu'un arrêt complet.


