- Les phtalates pourraient être liés à des millions de naissances prématurées.
- Le DEHP serait associé à 74.000 décès de nouveau-nés.
- Les chercheurs appellent à une régulation globale des plastiques.
Présents dans les cosmétiques, les emballages ou les produits ménagers, ils sont bien connus pour augmenter le risque de naissances prématurées : les phtalates. Un tout particulièrement fait aujourd'hui parler de lui dans une nouvelle étude internationale, publiée dans la revue eClinicalMedicine, qui alerte sur son rôle potentiel dans la prématurité à grande échelle.
Un lien inquiétant avec les naissances prématurées
Selon une analyse menée par NYU Langone Health, aux Etats-unis, l’exposition au DEHP, un phtalate utilisé pour assouplir les plastiques, aurait contribué à environ 1,97 million de naissances prématurées en 2018, soit plus de 8 % du total mondial. "Nos résultats montrent que réduire l’exposition au DEHP, surtout dans les régions vulnérables, pourrait prévenir des naissances précoces et leurs complications", explique Sara Hyman, autrice principale des travaux, dans un communiqué. La prématurité constitue un facteur majeur de mortalité infantile et de troubles du développement, rappelle l’Organisation mondiale de la santé.
Classé comme potentiellement cancérogène, le DEHP appartient à la famille des phtalates, présents dans de nombreux produits du quotidien : détergents, répulsifs, plastiques ou cosmétiques. Ces substances peuvent se fragmenter en particules microscopiques et pénétrer dans l’organisme par l’air, l’alimentation ou la poussière. L’étude estime également que cette exposition serait liée à 74.000 décès de nouveau-nés. Certaines régions sont plus touchées que d’autres. Le Moyen-Orient et l’Asie du Sud concentreraient 54 % des impacts sanitaires, tandis que l’Afrique, bien que moins exposée, enregistre une proportion plus élevée de décès.
Une régulation encore insuffisante
Les chercheurs alertent sur les limites des réglementations actuelles. Le DiNP, un substitut courant du DEHP, présenterait des risques similaires, avec 1,88 million de naissances prématurées associées – bien que les études ne prouvent pas un lien de causalité direct. "Remplacer un phtalate par un autre mal connu ne résout pas le problème. Nous jouons à un jeu dangereux consistant à remplacer une substance toxique par une autre", souligne Leonardo Trasande, co-auteur des travaux. Les auteurs appellent à une régulation globale des additifs plastiques plutôt qu’à des interdictions au cas par cas.


