• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Ejaculation

Cette pratique encore taboue améliore la fertilité masculine

Une étude révèle que l’abstinence prolongée pourrait finalement nuire à la qualité du sperme. Ejaculer régulièrement permettrait de limiter les dommages à l’ADN et d’améliorer la fertilité.

Cette pratique encore taboue améliore la fertilité masculine Koldunova_Anna / istock




L'ESSENTIEL
  • L’OMS recommande entre deux et sept jours d’abstinence avant un prélèvement de sperme
  • Mais les spermatozoïdes se dégradent lorsqu’ils sont stockés trop longtemps.
  • Une éjaculation régulière améliorerait la qualité des spermatozoïdes et réduire les dommages à leur ADN.

Et si la régularité, plutôt que l’abstinence, était la clé ? Au Royaume-Uni, une nouvelle étude menée par l’Université d’Oxford remet en question une recommandation bien établie : ne pas éjaculer avant un test de fertilité. Selon les travaux, publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B, le fait d’éjaculer régulièrement – que ce soit lors de rapports sexuels ou par masturbation – pourrait améliorer la qualité des spermatozoïdes et réduire les dommages à leur ADN.

Des spermatozoïdes qui vieillissent rapidement

Jusqu’à présent, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande entre deux et sept jours d’abstinence avant un prélèvement de sperme. Pourtant, cette nouvelle méta-analyse, basée sur 115 études humaines (54.889 hommes) et 56 études sur 30 espèces animales, montre un phénomène clé : les spermatozoïdes stockés se dégradent rapidement. Ce processus, appelé "sénescence post-méiotique", entraîne une baisse de mobilité, de viabilité, ainsi qu’une augmentation du stress oxydatif. Autrement dit, plus le sperme est conservé longtemps, plus sa qualité diminue, indépendamment de l’âge de l’homme.

La biologiste Rebecca Dean, de l’Université d’Oxford, explique dans un communiqué : "Parce que les spermatozoïdes sont très mobiles et possèdent peu de cytoplasme, ils épuisent rapidement leurs réserves d’énergie et ont une capacité limitée de réparation". Résultat : ils sont particulièrement vulnérables aux dommages lorsqu’ils restent stockés.

La recherche révèle également des différences entre les sexes. Chez de nombreuses espèces, les femelles conservent mieux les spermatozoïdes à l’intérieur d’elles, grâce à des organes spécialisés riches en antioxydants. "Ces structures pourraient d’ailleurs inspirer de nouvelles technologies pour améliorer la conservation du sperme", souligne la chercheuse Irem Sepil, co-autrice des travaux.

Vers de nouvelles recommandations pour la fertilité ?

Ces découvertes pourraient avoir un impact direct sur les pratiques médicales. Ils suggèrent que la limite supérieure de sept jours d’abstinence recommandée par l’OMS pourrait être trop longue. En effet, certaines données montrent qu’une éjaculation dans les 48 heures précédant un prélèvement améliorerait les résultats de fécondation in vitro. Pour le chercheur Krish Sanghvi, qui a participé à l’étude, "les éjaculats doivent être considérés comme des populations dynamiques de spermatozoïdes qui naissent, vieillissent et meurent".

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

LES MALADIES