- Le cancer du foie est une maladie silencieuse, souvent découverte tardivement.
- Des chercheurs ont développé une intelligence artificielle capable de prédire les risques des patients en étudiant seulement leur dossier médical et une prise de sang.
- Cet outil pourrait aider à mieux détecter et prendre en charge les patients souffrant d'un cancer du foie.
Le cancer du foie, en particulier le carcinome hépatocellulaire, progresse pendant des années sans provoquer de symptômes. Ce silence induit souvent une découverte tardive… trop tardive. C’est pourquoi les personnes à risque sont surveillées de près.
"Le dépistage est généralement recommandé pour les patients atteints de cirrhose confirmée ou de maladie hépatique sévère, car de nombreux cas de carcinome hépatocellulaire surviennent chez ces patients, mais il existe de nombreuses personnes atteintes de cirrhose non diagnostiquée (la forme de tumeur maligne ou foie la plus fréquente, NDLR) ou d'autres facteurs de risque qui pourraient également bénéficier du dépistage du cancer du foie", explique la Dr Carolin Schneider de RWTH Aachen University (Allemagne) dans un communiqué. Elle a ainsi imaginé avec ses collègues une IA reposant sur l’apprentissage automatique capable de prédire les risques des patients simplement en lisant leur dossier médical et un bilan sanguin de routine.
Cancer du foie et IA : des données cliniques de routine suffisent pour prédire le risque
Pour développer leur modèle d’apprentissage automatique, les chercheurs ont repris les données des participants de la cohorte UK Biobank pour entraîner leur algorithme à repérer les personnes à risque de cancer du foie. Cela représentait plus de 500.000 personnes dont 538 étaient touchées par un carcinome hépatocellulaire. 69 % des cas survenaient chez des patients sans antécédents de cirrhose hépatique, d’hépatite virale ou d’autres maladies hépatiques chroniques.
L’équipe a constaté qu’un modèle combinant données démographiques, dossiers médicaux électroniques et analyses sanguines offrait les meilleures performances. L’ajout de données génomiques et/ou métabolomiques n’améliorait pas les performances.
Les scientifiques ont comparé les performances de leur IA aux outils utilisés actuellement pour évaluer la probabilité de fibrose hépatique (un facteur de risque connu de cancer du foie, NDLR) comme les scores FIB-4, APRI et NFS. Il a aussi été mis en compétition avec le score aMAP – qui utilise des facteurs cliniques tels que l'âge, le sexe, les taux d'albumine et de bilirubine, et le nombre de plaquettes – pour évaluer le risque de cancer du foie chez les patients atteints d'une maladie hépatique chronique.
Résultat : l’IA, développée par les chercheurs, s’est montrée plus performante que les autres modèles pour identifier les cas de carcinome hépatocellulaire, tout en générant moins de faux positifs. Afin de rendre leur outil facile à utiliser pour tous les médecins, les scientifiques ont ensuite réduit le nombre de caractéristiques cliniques analysées. Cette version simplifiée n'examine que 15 informations médicales couramment relevées par les professionnels de santé. Et, elle a aussi surpassé les outils de prédiction des risques existants.
L’IA pourrait accélérer les diagnostics de cancer du foie
"Notre étude met en lumière le potentiel d’un modèle d’apprentissage automatique simple et facile à utiliser pour améliorer la stratification du risque de carcinome hépatocellulaire à partir de données cliniques recueillies de façon routinière", remarque la Dr Schneider. "S’il est validé auprès d’autres populations, notre modèle permettra aux médecins généralistes d’identifier efficacement les patients à risque et de les orienter vers un dépistage du cancer du foie. Ceci pourrait permettre un diagnostic plus précoce et une amélioration du pronostic pour les patients atteints de cette maladie agressive."
Le modèle d’apprentissage automatique prédisant les risques de cancer du foie a été présenté dans la revue Cancer Discovery du 26 mars 2026.



