- Après son entrée à la crèche, un enfant d’un an contractera en moyenne 12 à 15 infections respiratoires, deux gastro-entérites et une ou deux éruptions cutanées seulement au cours de la première année.
- Cette forte prévalence des infections chez les jeunes enfants est normale, liée à l'immaturité immunitaire infantile et à la dynamique de transmission des agents pathogènes.
- La situation s’améliore avec le temps, car la fréquence des infections respiratoires, qui est quasi mensuelle, diminue d’année en année, ce qui n’est pas le cas pour les enfants n’étant jamais inscrit à la crèche.
"La garde d'enfants hors du domicile, une pratique courante dans les pays à revenu élevé, est associée à une augmentation de l'incidence des maladies infectieuses, non seulement pour l'enfant, mais aussi pour ses parents et les autres membres du foyer", ont indiqué des scientifiques des universités de Cambridge, Cornell, de l’UCL et du North Middlesex University Hospital. Dans une nouvelle recherche, publiée dans la revue Clinical Microbiology Reviews, ces derniers ont ainsi voulu explorer ce phénomène sous différents angles, en combinant l'âge de la première infection, la dynamique des anticorps maternels, la séro-épidémiologie (la prévalence de l'exposition à un micro-organisme au sein d'une population), les études de cohorte et les rapports d'épidémies. Leur objectif ? Comprendre le lien entre le système immunitaire des enfants qui commencent à fréquenter une structure d'accueil et le milieu pathogène auquel ils sont exposés.
Crèches : les enfants contractent en moyenne 12 à 15 infections respiratoires
Après avoir rassemblé et analysé des données issues de l'épidémiologie, de l'immunologie et de la vaccination, l’équipe a constaté qu’un enfant âgé d’un an entrant en crèche contractera en moyenne 12 à 15 infections respiratoires, deux gastro-entérites, et une ou deux éruptions cutanées au cours de sa première année seulement. "Notre expérience personnelle, celle de parents constatant une forte incidence d'infections après l'entrée de leur enfant à la crèche, est corroborée par les données", a déclaré Lucy van Dorp, co-auteure de l'étude et chercheuse en génomique des maladies infectieuses à l'Institut de génétique de l'UCL.
Selon les résultats, les jeunes enfants sont particulièrement sujets aux maladies, principalement en raison de l'immaturité de leur système immunitaire et de la transmissibilité inhérente des agents pathogènes infantiles, plutôt qu'à cause d'une mauvaise hygiène ou de pratiques de garde d'enfants inadéquates en crèche. "Les nouveau-nés bénéficient d'une certaine protection contre les infections grâce aux anticorps transmis par leur mère, mais cette protection diminue au cours de leur première année, rendant les nourrissons (surtout ceux qui commencent la garde d'enfants) plus vulnérables aux infections", a expliqué Leo Swadling, qui a participé aux recherches.
Les jeunes enfants immunisés après la crèche sont moins souvent malades durant leurs premières années d'école
Dans le cadre des travaux, les auteurs ont observé que les tout-petits allant à la crèche tombent plus souvent malades que ceux restant à la maison jusqu’à leur entrée à l’école. Cependant, cette tendance s'inverse une fois scolarisé. En effet, les enfants n'ayant pas fréquenté de structure d'accueil de la petite enfance tombent plus souvent malades et ceux inscrit à la crèche étaient moins susceptibles d’être infectés par un virus et présentaient moins de symptômes durant leurs premières années d'école. "Une exposition précoce aux infections en milieu collectif semble conférer une certaine protection durant les premières années d'école, probablement grâce à l'acquisition d'une immunité contre les infections courantes. (…) La crèche joue alors un rôle essentiel dans le développement de leur système immunitaire, renforçant leur résistance pour les années à venir."
Dans les conclusions, les chercheurs soulignent l’importance de suivre les recommandations et de garder les enfants à la maison lorsqu’ils sont malades, "et éventuellement un ou deux jours de plus après leur guérison, selon le type d’infection", afin de limiter la propagation des virus. Par la même occasion, ils rappellent que la vaccination demeure le meilleur moyen de se protéger contre les maladies infantiles.


