- Le décalage entre ce que ressentent les tout-petits et ce qu'ils peuvent exprimer se traduit par des réactions émotionnelle intenses.
- Les parents doivent comprendre que l'enfant n'a pas encore accès au raisonnement et doivent chercher à l'apaiser.
- Un parent fatigué aura plus de difficulté à gérer une crise.
La vie avec un tout-petit ressemble souvent à des montagnes russes émotionnelles. Si ces réactions peuvent sembler disproportionnées, elles sont loin d’être des caprices ou une volonté de provoquer. Elles sont plutôt en lien avec un cerveau en construction.
Un cerveau en plein chantier émotionnel
Pour saisir l’intensité des réactions qui se passent chez les plus petits, on peut imaginer leur cerveau comme une maison en construction : les zones impliquées dans les émotions sont déjà très actives, mais celles qui permettent de se calmer, réfléchir ou prendre du recul sont encore immatures et continueront à se développer pendant de nombreuses années.
Ainsi, quand un enfant ne peut pas faire ce qu’il souhaite, il ne “sur-réagit” pas : il est réellement submergé. Ce décalage entre ce qu’il ressent et ce qu’il peut gérer explique ces débordements émotionnels soudains et intenses.
Accueillir l’émotion plutôt que la contenir à tout prix
Face à ces débordements, la réaction spontanée est souvent de vouloir faire cesser l’émotion rapidement. Pourtant, un jeune enfant n’a pas encore accès au raisonnement qui lui permettrait de relativiser. Dire “ce n’est rien” ou “calme-toi” peut renforcer son sentiment d’incompréhension.
À l’inverse, reconnaître ce qu’il ressent l’aide à se sentir entendu. Mettre des mots simples sur son émotion, comme “tu es en colère parce que tu voulais continuer à jouer”, agit comme un point d’ancrage. L’adulte devient alors un repère apaisant. Une fois la tension redescendue, il est plus facile de poser un cadre ou de proposer une alternative.
Se préserver pour accompagner sans s’épuiser
Accompagner un tout-petit dans ses émotions demande de l’énergie, et il est normal de ne pas toujours y parvenir parfaitement. Abaisser ses exigences de perfection est essentiel pour ne pas s’épuiser. Un parent fatigué aura plus de difficultés à rester disponible face à une crise.
S’autoriser à faire une pause, passer le relais ou simplement respirer quelques instants peut faire toute la différence pour offrir une présence stable et sécurisante. L’objectif n’est pas d’être irréprochable, mais suffisamment disponible et cohérent.
En savoir plus : "Gérer les crises émotionnelles des enfants" de Sandrine Dumans.


