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Désinformation

TDAH : ne croyez pas à tout ce qui circule sur TikTok

Une étude révèle qu’une part importante des publications TikTok concernant la santé mentale, notamment le TDAH et l'autisme, est trompeuse.

TDAH : ne croyez pas à tout ce qui circule sur TikTok Wachiwit/iStock




L'ESSENTIEL
  • Des scientifiques ont analysé la fiabilité des informations sur la santé mentale et la neurodivergence sur les réseaux sociaux, notamment YouTube, TikTok, Facebook, Instagram et X.
  • Ils ont constaté que ces plateformes regorgent de contenus trompeurs ou non fondés sur la santé mentale et la neurodiversité, avec des taux de désinformation atteignant 56 %, et que TikTok est la plus touchée.
  • Pour réduire la circulation des informations erronées, qui peut retarder le diagnostic et l’accès aux soins chez les patients, les chercheurs plaident pour une meilleure modération et la promotion de contenus fondés sur des données probantes.

Les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés pour rechercher des informations sur la santé. Cependant, "aucune revue n'a encore évalué la qualité des informations relatives à la santé mentale ou à la neurodiversité (la variété naturelle des cerveaux humains) sur ces plateformes", ont indiqué des chercheurs de l’université d'East Anglia (Angleterre). C’est pourquoi ils ont décidé d’évaluer la qualité, la fiabilité et la prévalence de la désinformation dans ces contenus, en comparant les résultats entre les différents plateformes (Youtube, TikTok, Facebook, Instagram, X) et les différents sujets. Pour mener à bien leur étude, parue dans la revue Journal of Social Media Research, les auteurs ont analysé 5.057 publications sur les réseaux sociaux concernant des sujets liés à la santé mentale, notamment l'autisme, le TDAH, la schizophrénie, le trouble bipolaire, la dépression, les troubles alimentaires, le TOC, l'anxiété et les phobies.

TDAH : des niveaux de désinformation plus élevés sur Tiktok

La prévalence de la désinformation variait entre 0 % et 56,9 %. "Cela souligne la facilité avec laquelle des vidéos attrayantes peuvent se diffuser largement en ligne, même lorsque l'information n'est pas toujours exacte", a déclaré Eleanor Chatburn, qui a participé aux travaux. Selon les résultats, celle-ci était plus élevée sur TikTok. Plus précisément, l’analyse approfondie des contenus de TikTok a mis en avant que 52 % des vidéos sur le TDAH et 41 % des vidéos sur l'autisme étaient inexactes. "À titre de comparaison, YouTube affichait en moyenne 22 % de désinformation, tandis que Facebook se situait en moyenne à un peu moins de 15 %", a précisé la chercheuse.

Les contenus créés par les professionnels de santé sont plus précis

En termes de sujets, les contenus liés à la neurodiversité présentaient une prévalence de désinformation plus élevée que ceux portant sur la santé mentale. La qualité et la fiabilité des informations variaient considérablement, mais étaient généralement meilleures pour les contenus créés par des professionnels. Sur TikTok, concernant le TDAH, seulement 3 % des vidéos de professionnels contenaient des informations erronées, contre 55 % pour les vidéos de non-professionnels. Sur Youtube, aucune désinformation concernant l'anxiété et la dépression et seulement 8,9 % concernant le TDAH. La raison ? Des règles de modération plus strictes de la plateforme.

Retard de diagnostic et d’accès aux soins

"Si l’expérience vécue peut jouer un rôle important, les témoignages personnels aidant les personnes concernées à se sentir comprises et à mieux faire connaître les troubles de santé mentale, il est essentiel de veiller à ce que les informations exactes et fondées sur des preuves, provenant de cliniciens et d’organismes de confiance, soient également visibles et faciles d’accès. Les algorithmes de TikTok sont également conçus pour privilégier les contenus engageants, ce qui contribue fortement à la désinformation", ont signalé les scientifiques.

Problème : cette désinformation n’est pas anodine. "Le contenu de TikTok est associé à une croyance croissante chez les jeunes selon laquelle ils pourraient souffrir de troubles mentaux ou neurodéveloppementaux." Bien que les interrogations puissent constituer un point de départ, il est essentiel qu’elles débouchent sur une évaluation clinique appropriée par un professionnel. "Outre le fait qu’elles entraînent une mauvaise compréhension des troubles graves et la pathologisation de comportements ordinaires, la désinformation peut également retarder le diagnostic chez les personnes qui ont réellement besoin d’aide. Lorsque de fausses idées se propagent, elles peuvent alimenter la stigmatisation et dissuader les personnes de demander de l’aide lorsqu’elles en ont réellement besoin. Elle peut également rendre la maladie mentale effrayante ou désespérée, ce qui engendre encore plus de peur et d’incompréhension." En outre, la circulation de conseils trompeurs concernant les traitements, en particulier ceux qui ne sont pas étayés par des preuves, peut retarder l’accès aux soins appropriés et aggraver l’état des jeunes.

Neurodiversité, santé mentale : inciter les professionnels de santé à créer des contenus précis

Face à ces données inquiétantes, l’équipe souligne un besoin d’action évident. Plus précisément, elle appelle les organisations spécialisées dans la santé mentale et la neurodiversité à créer et diffuser des contenus précis et fondés sur des données probantes afin de lutter contre la désinformation. "Les cliniciens devraient être encouragés à faire de même." Autre recommandation : renforcer la modération des contenus.

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