- La chicha produit plus de monoxyde de carbone que la fumée de cigarette.
- Les fumeurs actifs ou passifs risquent une intoxication au monoxyde de carbone, même après une courte utilisation ou lorsque la consommation se fait en extérieur.
- Selon une nouvelle étude, les symptômes peuvent apparaître tardivement, même après avoir quitté l’endroit où la chicha était consommée.
La combustion de la chicha génère plus de monoxyde de carbone (CO) que la cigarette, selon l’Assurance maladie. Mais risque-t-on pour autant une intoxication ? C’est possible oui et ce, aussi bien pour les fumeurs actifs que passifs, selon une nouvelle étude publiée dans la revue JMA Journal. D’après les chercheurs, le charbon utilisé pour chauffer le tabac de la chicha est à l’origine du problème car il produit du monoxyde de carbone par combustion incomplète.
2 cas d’intoxication au monoxyde de carbone chez des non-fumeurs
Pour mieux évaluer les risques des fumeurs actifs et passifs, les scientifiques ont mené une revue systématique. Les informations étudiées venaient de six bases de données scientifiques et concernaient des cas d’intoxications au monoxyde de carbone liées à la consommation de chicha dans le monde entier.
En tout, les chercheurs ont identifié 68 cas d'intoxication aiguë au monoxyde de carbone. Parmi ceux-ci, 41 concernaient des fumeurs réguliers et 23 cas impliquaient plusieurs personnes simultanément, allant jusqu’à 12 réunies dans des espaces clos. Enfin, deux cas concernaient des non-fumeurs et deux autres des employés de bars à chicha, preuve que les fumeurs passifs sont aussi à risque.
Chez les personnes intoxiquées, les chercheurs ont recensé plusieurs symptômes : syncope (dans 53 % des cas), maux de tête (50 %), léthargie (44 %), nausées ou vomissements (38 %), faiblesse (15 %). Dans de plus faibles proportions, les auteurs notent aussi des tremblements, des troubles visuels et des convulsions.
Les symptômes de l’intoxication peuvent apparaître plus tard
Ces symptômes n’apparaissent pas toujours immédiatement. Pour un quart des cas, ils se sont manifestés après que les personnes aient quitté l'établissement et, pour environ un cinquième des personnes intoxiquées, moins d'une heure après l’utilisation de la chicha. Enfin, dernière donnée particulièrement inquiétante : un cinquième des cas avaient consommé la chicha en extérieur.
Cette étude montre que l'intoxication au monoxyde de carbone peut survenir dans des conditions généralement considérées comme à faible risque, comme une utilisation de courte durée, une consommation en extérieur ou encore une exposition passive en intérieur. Face à cela, les auteurs appellent à sensibiliser davantage les consommateurs qui, en plus de l’intoxication au monoxyde de carbone, risquent plusieurs autres maladies. Celles-ci sont généralement les mêmes que chez les fumeurs de cigarettes : cancers du poumon, des lèvres, de la vessie, des voies aéro-digestives supérieures, problèmes cardiaques, etc.



