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QUESTION D'ACTU

Générique du Roaccutane

Traitement anti-acné : plainte après un suicide suspect

Un jeune homme sous Curacné, un médicament générique contre l'acné, a mis fin à ses jours en juillet dernier. Sa mère a porté plainte récemment contre le médecin.

Traitement anti-acné : plainte après un suicide suspect DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 25.10.2013 à 18h34
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Un jeune Lorrain s’est suicidé en juillet dernier après six mois de traitement contre l’acné. Il utilisait le Curacné, un générique du Roaccutane. Sa mère a déposé plainte le 30 septembre contre le dermatologue de son fils, indique ce 24 octobre l’Est Républicain. Elle lui reproche de n’avoir pas tenu compte des effets secondaires.

 

Négligence du dermatologue ?

« J’ai lancé cette démarche en justice pour protéger les autres jeunes et leurs parents. Mais surtout pour signaler l’importance de suivre l’état psychologique du patient et que le dermatologue communique à ce sujet avec le médecin traitant avant le début du traitement, » explique-t-elle à nos confrères de l’Est Républicain. C'est d'ailleurs ce que recommande l'Agence du médicament, que tous les patients soient informés par le médecin sur le risque éventuel de troubles psychiatriques, que les médecins recherchent les antécédents personnels et familiaux de troubles psychiatriques et qu'ils soient vigilants par rapport à la survenue de troubles dépressifs, de comportements suicidaires ou de toute modification de l’état habituel du patient.


La mère du jeune homme a contacté le dermatologue à plusieurs reprises pour évoquer ses craintes par rapport aux effets secondaires du Curacné. La prise de ce médicament peut en effet favoriser le développement d’une dépression voire un suicide. Selon elle, le médecin n’a pas tenu compte de ses appels.


Une lettre à la ministre

Après quelques mois de traitement, la maman constate des changements d’humeur de son fils : il s’isole, souffre d’insomnie et ne se rend plus à la faculté. Il se plaint aussi de douleurs musculaires et de sécheresse des muqueuses. Le dermatologue se contente de prises de sang et de renouvellements d’ordonnance. En juillet, lorsqu’elle revient de vacances, la mère retrouve son enfant pendu.

 

Elle se rapproche ensuite de l’Association des victimes du Roaccutane et génériques (AVRG) qui entreprend diverses démarches. Le cas est signalé à l’Agence de sécurité du médicament (Ansm). La tante du jeune, elle, adresse un courrier à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, afin de l’alerter sur les effets secondaires du traitement.

 

152 effets indésirables

Ce n’est pas la première fois qu’un patient sous isotrétinoïne, la molécule du Curacné, met fin à ses jours. Au total, l’Ansm a répertorié 27 suicides liés à la prise de cette molécule. Le Roaccutane est bien connu des personnes qui souffrent d’acné. Dans les années 1980, il est si répandu que son nom est passé dans la langue commune pour désigner un traitement contre cette affection de la peau. Mais ce médicament et ses génériques entraînent pas moins de 152 effets indésirables, parmi lesquels la dépression et le suicide.

 

Si le Roaccutane n’est plus fabriqué depuis 2008, en raison de nombreuses plaintes, la molécule est toujours utilisée par plusieurs génériques : Curacné, Procuta, Contracné ou encore Isotretinoïne Teva. Tous les produits à base d’isotrétinoïne sont sous surveillance… mais il relève de la responsabilité des médecins d’être attentifs à l’état de santé physique et psychologique de leurs patients sous traitement.

 

Tout savoir sur l'acné

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