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Dépistage

Alzheimer : comment prédire la maladie avec quatre ans d’avance

Par Jean-Guillaume Bayard

Un algorithme combinant des données collectées à l'aide d'un prélèvement sanguin et de brefs tests de mémoire permettrait de prédire avec précision les risques de développer Alzheimer.

PIKSEL/iStock
Entre 20% et 30% des patients sont diagnostiqués à tort dans les soins de santé spécialisés.
Le prélèvement sanguin permet de mesurer une variante de la protéine tau et d'un gène connu pour être un biomarqueur de la maladie et il est complété par 3 tests cogntifis qui durent chacun moins de 10 minutes.
La combinaison des deux résultats permet de prédire à 90% quels patients sont les plus susceptibles de développer Alzheimer.

Dépister tôt Alzheimer permet de traiter cette maladie de la manière la plus efficace. Des chercheurs suédois de l’université de Lund ont développé un algorithme qui permet, selon eux, de prédire avec précision les risques de développer la maladie neurodégénérative avec quatre ans d’avance sur les premiers symptômes. Cet algorithme, présenté le 24 mai dans la revue Nature Medicine, combine des données collectées avec un prélèvement sanguin et de brefs tests de mémoire.

Un nouvel outil diagnostic

Actuellement, entre 20% et 30% des patients sont diagnostiqués à tort dans les soins de santé spécialisés. Il est possible d’améliorer ce taux en mesurant les protéines tau et bêta-amyloïde via un échantillon de liquide céphalo-rachidien mais cette méthode est coûteuse et uniquement disponible dans certains centres spécialisés. Les scientifiques suédois ont cherché à offrir un outil de dépistage peu coûteux et réalisable sur une majorité de patients afin d’améliorer leur prise en charge. 

Les chercheurs ont examiné 340 patients atteints de troubles de la mémoire légers dans le cadre de l’étude suédoise BioFINDER. Ces derniers ont ensuite confirmé leurs résultats dans une étude nord-américaine de 543 personnes. Ils ont d’abord réalisé un prélèvement sanguin afin de mesurer une variante de la protéine tau et d'un gène connu pour être un biomarqueur de la maladie. Ils ont ensuite fait passer aux participants trois brefs tests cognitifs qui ne prennent que 10 minutes à être complétés.

90% de précision

Les résultats ont montré que la combinaison de l’analyse sanguine et des tests cognitifs a permis de prédire à 90% quels patients sont les plus susceptibles de développer Alzheimer. “Cet algorithme pronostique simple est significativement plus précis que les prédictions cliniques des experts en démence qui ont examiné les patients, mais n'avaient pas accès à des tests coûteux du liquide céphalo-rachidien”, s’est réjoui Oskar Hansson, auteur principal de l’étude.

Les chercheurs espèrent pouvoir étendre leurs essais en utilisant cette méthode qui permet d’améliorer le dépistage. “L'algorithme n'a actuellement été testé que sur des patients qui ont été examinés dans des cliniques de la mémoire. Nous espérons qu'il sera également validé pour une utilisation dans les soins de santé primaires ainsi que dans les pays en développement aux ressources limitées”, déclare Sebastian Palmqvist, co-auteur de l’étude.