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Vitamines, minéraux, acides gras

Compléments alimentaires : souvent inutiles, non sécurisés et parfois dangereux

La marché des compléments alimentaires ne cesse de se développer, et pourtant. Dans la plupart des cas, ils sont inutiles, voire dangereux. 

Compléments alimentaires : souvent inutiles, non sécurisés et parfois dangereux Farion_O / istock

  • Publié 29.10.2018 à 19h33
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Vitamines, minéraux, acides gras ou acides aminés… Un complément alimentaire est une denrée alimentaire dont le but est de fournir un complément de nutriments ou de substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique, manquants dans le régime alimentaire normal d'une personne.

À la différence des additifs alimentaires, qui sont mélangés à certains aliments, le complément est une source concentrée qui est vendue de façon isolée.

Des prix onéreux

Par exemple, le produit "Bum Bum brûleur", à base de maté, de guarana du Brésil, de café vert et d’ananas, est vendu comme un "complément alimentaire brule graisse". Pour 25 euros le coffret, la marque promet "une synergie d'ingrédients exotiques qui vous permet d'affiner votre silhouette grâce au guarana et de perdre du poids grâce au maté".  

Dans un autre registre, "Prostate Défense", un produit composé d’extraits d'huile de baie de palmier nain, de soja, d'ortie, de zinc et de lycopène, promet, pour 26,99 euros les 60 gellules, "une bonne santé du système urinaire et de la prostate" chez les hommes de plus de 40 ans.

Pas de miracle

Des prix onéreux, d’autant plus que "s’il y avait vraiment une molécule miracle, avec une efficacité sur la durée et sans risque de récidive, ça se saurait et elle serait remboursée par la Sécurité sociale. Elle serait considérée comme un médicament et serait intégrée dans les politiques publiques de lutte contre l’obésité.

Or, sauf exception, un complément alimentaire ne peut avoir ni revendiquer d’effets thérapeutiques. Il serait sinon considéré comme un médicament et réglementé comme tel", explique au Monde Mathilde Touvier, chercheuse à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et membre de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle.

Automédication risquée

En 2015, la répression des fraudes a ainsi estimé que 80% des sites internet spécialisés dans les compléments alimentaires n’étaient pas conforme à la législation, à cause des bénéfices nutritionnels et de santé qu’ils revendiquaient. De fait, il est rare qu'un complément alimentaire soit vraiment nécessaire. Pour pallier une carence ou perdre du poids, rééquilibrer l'alimentation suffit dans la plupart des cas. 

Pour que des compléments alimentaires soient vraiment efficaces et sans danger sur la santé, il faut donc les consommer dans le cadre d’un suivi médical, et surtout pas tout seul. En la matière, les conseils du pharmacien ne suffisent pas.

"Sans professionnel de santé (médecin, diététicien) pour les accompagner, les consommateurs peuvent courir plusieurs risques : fraude, interaction avec certains traitements, surdosages, allergies, sans compter que les effets à long terme d’une consommation régulière de ces produits sur la santé sont loin d’être connus…", poursuit Mathilde Touvier.  

Effets indésirables

En 2016, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) indiquait dans un rapport que son dispositif national de nutrivigilance avait recueilli quarante-neuf signalements d’effets indésirables susceptibles d’être liés à la consommation de compléments alimentaires. Plus en détails, les effets indésirables rapportés étaient majoritairement d’ordre cardiovasculaire (tachycardie, arythmie, accident vasculaire cérébral) et psychiques (troubles anxieux, troubles de l’humeur).

Il y a 30 ans, des Américains, qui prenaient des compléments alimentaires à base de tryptophane pour améliorer leur santé, ont ainsi développé une maladie auto-immune, appelée "fasciite à éosinophiles". Les malheureux ont soufferts d'une inflammation douloureuses de toutes les membranes qui enveloppent les muscles (les fascia), et ont du se soigner à coup de médicaments pendant cinq ans et plus.

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